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l’école primaire sainte bernadette, ouganda


Elèves de l’école St. Bernardette. Annet Kyalimpa rscj est la deuxième au dernier rang.
Classe d’éducation physique
Séance musicale
La queue pour la bouillie,
avec Elizabeth Nakubulwa rscj
Les petits reçoivent leur tasse de bouillie
« Les jeunes enfants que nous éduquons sont réceptifs à ce que nous leur offrons et nous pouvons utiliser nos petites ressources pour obtenir le meilleur d’eux-mêmes. »
Sport
L’école primaire Sainte Bernadette se trouve au centre de l’Ouganda, à 10 km de la ville de Jinja, près du lac Victoria, sur la route qui mène à Kampala , la capitale. C’est une des petites écoles de village dans la région de Jinja. Elle est construite sur une pente douce, avec une vue magnifique sur un paysage de collines à la végétation luxuriante, en particulier les fameuses plantations de canne à sucre de la région. La terre est verte car elle reçoit toute la pluie des forêts équatoriales. Jinja prétend être « la source du Nil », pourtant la ville est pauvre et le coût aussi bien que le niveau de vie sont bas. L ‘école est située dans une région pauvre en infrastructures, avec de mauvaises routes, pas d’électricité, peu de centres de soins et d’écoles.

Cet environnement bien sûr a des répercussions sur les enfants qui fréquentent l’école. Il y a des orphelins du sida dont la maladie a emporté tant de leurs parents. La génération de ceux qui ont un gagne-pain est la plupart du temps absente. Cela a des conséquences sur le développement de la région, dont l’accroissement de la pauvreté et la diminution du niveau de vie. Jinja est une ville industrielle où beaucoup de monde vient chercher du travail dans les usines. Mais bon nombre ont fermé. Ces deux dernières années, à cause de la privatisation des entreprises du pays, beaucoup de travailleurs ont été licenciés, ce qui fait que la plupart des parents sont au chômage. Ceci a entraîné une augmentation du nombre d’abandons scolaires ainsi qu’une stagnation dans le développement. Depuis lors, beaucoup se sont tournés vers une agriculture de subsistance et les petits commerces. La principale source de revenu dans la région est l’agriculture. Les gens cultivent les bananes (matooke en langue locale - la nourriture de base), le café, les haricots et les patates douces. Certains se lancent dans de petites entreprises, commerce, petits magasins, pêche pour ceux qui habitent près du lac Victoria. Malgré les difficultés, ils continuent de souhaiter que leurs enfants aillent à l’école.

L’école Sainte Bernadette a commencé en 1952, et c’est le fruit d’un rêve : « montons une école pour que nos enfants y soient éduqués ». L’idée était de leur faire acquérir les éléments de base afin de poursuivre après dans le secondaire et au-delà. Ainsi le niveau de vie pourrait s’améliorer et la pauvreté disparaître un jour. « C’est ce que nous désirons et souhaitons faire vivre à nos enfants », disait un des parents. Les parents ont beaucoup soutenu l’école depuis sa création jusqu’à aujourd’hui. Il a fallu plusieurs années pour qu’elle devienne pleinement opérationnelle, mais  petit à petit, lentement, elle s’est développée. Depuis lors, les parents ont toujours conservé le désir d’éduquer les enfants et de soutenir l’école. Celle-ci comprend aujourd’hui 9 classes : 2 sections de jardin d’enfants et les 7 années primaires, avec un total de 390 élèves. C’est une école mixte pour filles et garçons, et tous sont externes.

L’école Sainte Bernadette ne se contente pas d’enseigner, il y a aussi beaucoup d’activités parascolaires permettant aux enfants de développer leurs connaissances et savoir-faire. Citons entre autres : musique, danse, théâtre, jeux et sports, travaux manuels, science et jardinage. Nous avons des enfants très doués et nous les encourageons chacun à développer leurs talents et à profiter des chances offertes.

L’école possède un petit jardin où les enfants apprennent à cultiver la terre, à préparer des semis et planter des arbres et des légumes, etc. Nous avons participé plusieurs fois à des matchs et compétitions sportives, à des concours de musique, de danse et de théâtre ou de gymnastique. L’école a toujours très bien réussi dans ces activités, et l’an dernier nous avons été très fières d’envoyer certains élèves à des compétitions sportives au niveau national. Pour les concours de musique aussi, nous avons atteint le niveau diocésain.

Plusieurs rscj kenyanes et ougandaises de la communauté toute proche de Mbiko ont fait ou font partie du corps professoral de Sainte Bernadette. La directrice actuelle et ses deux prédécesseurs sont aussi des rscj ougandaises. 

La mission de l’école Sainte Bernadette :

Nous voulons éduquer la personne toute entière, sur le plan intellectuel, moral , spirituel et physique, pour faire de nos élèves des personnes complètes, capables de penser par elles-mêmes face aux défis de ce monde afin de le rendre plus habitable.

Notre finalité et nos objectifs :

Dieu et l’enfant sont au cœur de l’existence de notre école.

  • L’école encourage l’esprit de famille, dont les marques sont le partage des responsabilités, la discipline et le travail sérieux.
  • L’éducation que nous donnons vise à former le jugement critique
  • Nous encourageons les parents à jouer un rôle actif dans l’éducation de leurs enfants.
  • La vérité et l’honnêteté sont estimées et encouragées chez les professeurs comme chez les élèves
  • Nous enseignons à travailler pour la justice et la paix.
  • Nous encourageons l’estime et le respect de soi et des autres, l’accueil du don de soi et de l’autre
  • Nous voulons que nos enfants développent leur souci des autres et leur attention aux besoins autour d’elles.

Nos joies :

Tout ce qui vient d’être dit a été une forte expérience de donner la vie et une source de joie et de bonheur. C’est notre joie en effet de professeurs de voir la semence pousser. Les jeunes enfants que nous éduquons sont réceptifs à ce que nous leur offrons et nous pouvons utiliser nos petites ressources pour obtenir le meilleur d’eux-mêmes. L’an dernier, les élèves ont très bien réussi leur examen de fin du primaire et obtenu de bonnes notes.

Nos défis :

Conscientes de la catastrophe provoquée par le sida, nous nous sentons interpellées comme éducatrices  par les besoins croissants des orphelins autour de nous, en particulier dans le domaine de l’éducation. Le gouvernement de l’Ouganda a fait de grands efforts pour sensibiliser la population à l’épidémie du sida, mais le mal qu’il a provoqué depuis son début reste un grand défi. Certains de nos élèves, orphelins, vivent tout seuls, ou avec des grands parents âgés qui ne peuvent pas leur donner ce dont ils ont besoin pour leur croissance.

C’est un défi aussi de trouver les moyens pour donner à ces enfants une éducation de qualité. La plupart des écoles aujourd’hui sont des entreprises commerciales. La société actuelle demande de la patience aux éducatrices, parce que nous avons affaire à toutes sortes d’enfants, par exemple des enfants traumatisés, ou qui sont plus lents à apprendre.

C’est un défi d’avoir des professeurs qui travaillent pour gagner un salaire qui ne leur suffit pas pour vivre, mais pourtant ils sont heureux d’avoir du travail.

Nous avons la ferme conviction que Dieu qui a commencé ce travail en nous le mènera à son terme et que ce sera pour sa gloire.

 

Elizabeth Nakubulwa rscj
Annet Kyalimpa rscj
Province d’Ouganda - Kenya


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