Jovita Triwiludjeng (Lulut) rscj, Région d'Indonésie

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Je suis Jovita Triwiludjeng. Ma famille et mes amis m'appellent Lulut. Je suis née à Jakarta le 9 juin 1970. Mon père, Julius Franciscus Suwandi, est né à l'est de Java et ma mère, Julia Maria Supartija, aussi. Mes parents se sont rencontrés quand ils étaient aux études et se sont mariés cinq ans plus tard, après leurs études. Ils ont eu quatre enfants; je suis la troisième.

Un rituel très important avait lieu chaque dimanche. Après la messe, maman nous emmenait au marché et achetait pour chacun sa nourriture préférée. Nous la conservions soigneusement en allant au parc qui accueille le Monument National Indonésien, appelé MONAS. Je me souviens que ma famille aimait s'asseoir chaque vois à côté de la fontaine. Chaque fois que j'étais assise à côté de la fontaine, j'éprouvais un sentiment de sécurité et j'attendais le dimanche suivant pour m'asseoir à cet endroit favori.

Il y a bien d'autres choses que j'aimais faire dans ma vie, comme de me rendre régulièrement à l'église, de participer à la chorale des enfants, d'être lectrice ou maître de cérémonie pour le groupe d'enfants, etc. Bref, j'étais heureuse à l'église, que ce soit à l'intérieur ou sur le terrain. L'église était importante pour moi qui grandissais au milieu de gens de confessions et de cultures différentes.

Etant à l'école secondaire, j'accompagnais une religieuse qui portait la communion aux malades et aux souffrants dans les villages. Malgré la longueur de la route et les arrêts de maison en maison du matin au soir, je ne sentais pas la fatigue; au contraire, j'étais très heureuse. Je me disais cependant qu'il ne suffisait pas de distribuer la communion, je voulais faire plus, mais ce que ce "plus" voulait dire, je ne savais pas. Je sais seulement qu'à l'époque, je désirais devenir religieuse, souvent je disais à ma mère que je voulais devenir sœur et sa réponse était : "je t'aiderai; moi aussi je voulais devenir sœur."

Pendant dix ans, mon appel à la vie religieuse resta en veilleuse, ou peut-être  était-il en train de prendre racine dans mon être profond… Cet appel se réveilla un jour où je participais à une rencontre sur la vocation à la cathédrale de Jakarta. C'était, je m'en souviens, le 9 mai 1998. J'ai vu beaucoup de congrégations, mais celle qui m'attirait avait son stand à l'extérieur de la cathédrale. Un stand ultra simple avec seulement deux femmes qui disaient qu'elles étaient des sœurs. Elles ne portaient pas d'habits traditionnels ni la croix que j'attendais. Ceci m'intriguait et je voulais en savoir davantage. Je rentrai à la maison frappée par ce simple stand et les deux sœurs qui y étaient.

L'impression demeurait, elle m'habita pendant des jours et mon cœur était tout brûlant…. Le sentiment se fit de plus en plus profond. La fontaine  qui me donnait sécurité dans mon enfance et devenue 'eau bouillante' dans mon cœur. Le sentiment de sécurité devenait plus fort. Je n'ai pas attendu que ces deux sœurs m'appellent au téléphone, mais moi je les ai appelées et suis devenue visiteuse assidue des rscj.  Deux mois après, je dis à ma mère que j'allais passer le week-end avec les rscj, mais je n'en suis pas revenue …. Aujourd'hui, je suis jeune professe!

Une de mes grandes joies de jeune professe de la Société en Indonésie est le fruit de ma prière, de l'action de Dieu dans ma vie.  Je le vois concrètement sur le visage des enfants. Leurs joies, souffrances, difficultés et attitudes devant la vie, je les ressens comme miennes. Quand je suis avec les enfants, je sais exactement ce que je dois faire et enseigner. Mais maintenant que je suis rscj, je sais, outre CE que je dois enseigner, COMMENT je dois enseigner. Le garage de notre communauté du noviciat est désormais devenu une garderie pour les enfants du voisinage. Nous espérions une douzaine d'enfants, mais dès le premier jour, 24 étaient inscrits. Pondok Bocah (la maison des enfants) a maintenant deux ans. Trois fois par semaine, 17 élèves arrivent dans leur uniforme rose, créé par les parents. La classe est supposée commencer à 8 h  et durer jusqu'à 10 h mais nous devons ouvrir les portes de notre communauté dès 7 heures pour accueillir nos petits visiteurs qui restent jusqu'à 11 h!

Jovita Triwiludjeng (Lulut)
Région d’Indonésie