Elysée Masala-Nzau rscj, province de la République Démocratique du Congo
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Je m'appelle Elisabeth Masala-Nzau. Mon Père voulait m’appeler Philippine mais on m’appelle Elysée. J’ai 44 ans. Je suis religieuse du Sacré-Cœur de Jésus depuis 20 ans. Je viens de la province de Aujourd’hui, j’habite à Atrone, une communauté près du Lycée du Sacré-Cœur de N’Djaména, où j’aide à la direction de l’école comme directrice adjointe. |
Je suis d’une famille protestante. Mon père qui ne pratiquait pas, a été converti par ma mère au protestantisme et est devenu jusqu’à sa mort un chrétien convaincu et convaincant. C’est dans ma famille protestante que j’ai appris l’importance de
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J’ai senti l’appel de Dieu vers 14 ans ; à ce moment-là, je n’avais pas très bien saisi |
Clôture de la semaine de l’unité.
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Nous n’avions l’autorisation de prendre une décision sur nos vies qu’à 18ans, parce qu’avant cet âge, papa considérait que nous n’étions pas assez mûrs. Ainsi, nous étions tous protestants comme lui. Le lendemain de mes 18ans, au moment où je m’apprêtais à présenter mon baccalauréat, j’ai décidé de parler à mon père de ma décision de me consacrer au Seigneur. Jamais, je n’oublierai cet instant de ma vie. J’ai dû attendre dix minutes. Comme papa ne réagissait pas, j’ai pensé qu’il ne m’avait pas comprise. C’est au moment où je m’apprêtais à reprendre ma question qu’il a réagi. Il était contrarié, mais en même temps il ne voulait pas prendre une décision à ma place parce : il ne voulait pas qu’une fois mort je me mette à regretter un mauvais choix qu’il aurait fait à ma place. Cette réaction m’a réconfortée et j’ai attendu quelques mois après la sortie des résultats de mon baccalauréat pour contacter une congrégation.
Des élèves de terminale faisant visiter l’école aux nouveaux de 6èmes. En face, une fille non voyante à qui on fait visiter l’école.
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J’ai commencé par contacter une congrégation diocésaine mais je me suis vite rendu compte que je voulais me donner au Seigneur dans une dimension beaucoup plus large. Rester toujours dans mon pays me semblait très étroit. C’est pour cette raison que j’ai choisi une congrégation internationale. Ma tante religieuse m’a parlé des religieuses du Sacré-Cœur parce qu’elle avait connu une novice RSCJ qui avait séjourné chez elles ; je n’ai pas hésité à les contacter. Après avoir pris à mon insu des renseignements sur moi dans le quartier où je vivais, on accepta que je travaille une année auprès des sœurs pour nous connaître mutuellement. |
L’année suivante, j’ai commencé ma vie chez les religieuses du Sacré-Cœur de Jésus. Après un an de travail, un an de postulat, trois ans de noviciat, j’ai prononcé mes premiers vœux le 20 août 1989. Un long moment de formation semé d’épines et de roses me prépara aux vœux perpétuels. Et le 10 janvier 1999, je les prononçai à Rome. Oui, Dieu écrit droit avec des lignes courbes!
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Mon expérience internationale ne me laissa pas indifférente par rapport aux besoins du Tchad même si, en moi, rien ne me poussait à y retourner un jour. Un de ces besoins était la direction du Lycée qui posait déjà problème pendant mon expérience internationale et c’est le même besoin qui m’a fait revenir au Tchad. Le Tchad est un pays à majorité musulmane. Le travail qui se fait au niveau de l’Eglise catholique est le rapprochement islamo-chrétien. Au Lycée, nous en avons fait notre champ de bataille : lutter pour le brassage. Eduquer les élèves à se considérer d’abord comme des frères et sœurs. Et cette lutte est quotidienne. |
Clôture de la semaine de l’unité.
Elysée est au fond à droite. |
Quelquefois je me dis que la région du Tchad est une espèce de résumé de la Société du Sacré-Cœur, ou la Société en miniature. Vivre ici, c’est goûter à la richesse de l’internationalité et affronter ses défis. La diversité de nos origines se fait parfois sentir lors de nos rencontres où nous réfléchissons sur des thèmes donnés. Dans le domaine de la formation, le défi de la Société a est l’inculturation, vu la pénurie des vocations tchadiennes.
Comme RSCJ congolaise vivant au Tchad, je me sens d’abord Africaine et j’ai parfois l’impression d’accueillir les RSCJ des autres continents chez moi. Mais plusieurs fois, je me désillusionne de cette impression face à un peuple qui parle des langues et ont des manières de faire différentes.
Dieu continue à écrire droit avec mes lignes courbes…
Elisabeth Masala-Nzau rscj
Province de la République Démocratique du Congo


