María Carmen Soler rscj, province d'Espagne Nord

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Je suis née à Valence voici 37 ans, sur les rivages de la Méditerranée, au sein d’une famille où l’accueil comptait beaucoup. La maison paternelle était toujours remplie de voisins, d’amis, de parents. J’ai grandi auprès de ma sœur plus jeune d’un an. Mes parents nous ont appris à aider toute personne dans le besoin. Je les aime beaucoup et je me sens très aimée par eux et par tout le reste de la famille. J’ai beaucoup appris à leur contact. Ma grand-mère m’a transmis sa foi en Dieu.

Je suis profondément reconnaissante à mes parents qui nous ont mises au Collège Ste Madeleine-Sophie. Là, les Rscj m’ont appris à prier, comme une conversation avec Jésus. Au catéchisme préparatoire à la confirmation, j’ai découvert la communauté et la manière dont Jésus accompagne notre vie. J’ai aussi compris que je faisais partie intégrante du peuple de Dieu et j’ai alors commencé à goûter cette alliance que Dieu faisait avec moi et moi avec Lui. Sentir que cette alliance était réciproque a toujours été pour moi un appui, comme le dit Jérémie : “Le Seigneur m’a séduit et je me suis laissé séduire ” (Jér. 20). Sa fidélité rend la mienne possible et par suite sa Parole alimente ma prière et ma vie. Je sens que j’apprends à l’écouter, non plus seulement dans la Bible mais aussi dans la vie.

A la fin de mes études de Géographie et d’Histoire, j’ai commencé à travailler comme Professeur d’Histoire au Colegio Santa Magdalena Sofia de la Punta (Valence) où j’avais été élève. Y revenir m’a aidée à repenser ma vie et j’ai éprouvé intérieurement le désir de  “donner gratuitement ce que j’avais reçu gratuitement” (Mt 10).

En 1998, je suis entrée dans la Société du Sacré-Coeur. J’ai passé trois ans à Grenade (une année de postulat et deux années de noviciat). Au début, la mer me manquait  (et bien d’autres choses !), mais j’ai peu à peu appris à admirer l’immensité de la Sierra Nevada qui nous environnait et à goûter la joie d’être dans cette merveilleuse cité, et auprès de ses habitants, y compris mes sœurs qui représentaient la nouvelle famille qui m’accueillait. J’ai appris là que celui qui apprécie et aime la terre où il vit se rend capable d’apprécier toutes ces autres terres qui font  aussi partie de notre Histoire.

Après mon temps de Noviciat, j’ai repris mon travail de Professeur, cette fois-ci à Zaragosse où j’ai passé quatre ans, puis à Palma de Mallorca pendant quatre autres années.  J’aime beaucoup mon travail et je pense que l’éducation est un véritable ministère. Je suis dans l’admiration devant la croissance de chaque personne et la manière dont Dieu accompagne notre vie dès le premier instant. Je suis attirée par les jeunes les plus difficiles et je me sens alors comme un canal de l’amour de Dieu pour eux. J’ai l’impression que leur parler de Dieu est un défi et j’essaie qu’ils découvrent combien Dieu les aime et qu’ils en fassent l’expérience.

Excursion avec des élèves du Collège du Sacré-Coeur de Palma (mai 2009)
De gauche à droite, 1er rang:
Ernestina Costa, Amelia Ferrandis, Mª Carmen Soler, Francisca Cerdó, Rosa Pujol.
2nd rang: Magdalena Fontanals, Asunción Arroyo, Ramona Arbó, Pilar Zaforteza
3ème rang : Mª Dolores Seguí.

Je reconnais le cadeau que représente la vie de communauté et je la perçois comme un mode de vie alternatif.

Je sais que toute relation est un défi. Pour nous, c’est un Autre qui nous unit et nous invite à vivre en commune-union. Le vivre ensemble quotidien nous aide à mieux nous connaître et à connaître les autres. Dans la mesure où je découvre mes limites et mes fragilités, j’apprends à comprendre les limites et les fragilités des autres et à aimer chaque personne telle qu’elle est et non telle que je l’imaginais ou la souhaitais.

Les relations d’amitié et d’affection me parlent de tout cet amour dont Dieu nous enveloppe et je sens que notre mission consiste essentiellement à devenir des canaux de son amour sans mesure.

Actuellement je suis en “probation” où nous sommes seize RSCJ venant de différents pays.
Nous avons interrompu notre travail pour réfléchir à nouveau sur la vie qui est entre nos mains. Nous avons davantage de temps à consacrer à la prière,  à l’intériorisation de nos expériences, à l’approfondissement de nos textes fondateurs, au partage de notre histoire personnelle et à la reconnaissance pour tout ce que nous avons vécu. Nous nous acheminons ainsi vers notre engagement définitif envers Dieu et la Congrégation, sûres de la fidélité de Dieu et de l’amour de nos sœurs.

RSCJ près de Mater à Rome : Olaya Mayans (Espagne Sud), Isabel García (Chili), MªCarmen Soler (Espagne Nord).

María Carmen Soler García rscj
Province d' Espagne Nord

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