Mª Josefa Bultó Blajot, rscj 1905 - 2011

Maria Josefa Bulto Blajot

Elle est née le 15 septembre 1905 à Barcelone. Sa terre catalane a déposé en elle sa manière bien personnelle d’être, d’agir, de sentir.  Sérieuse, responsable, travailleuse, persévérante, dotée du rythme propre à la Sardane et à la répétition des mêmes pas et de leur crescendo…

Ses parents, Isidro et Josefa, étaient profondément chrétiens. Elle en parlait avec vénération, affirmant que sa mère était une sainte. Il y eut 11 enfants, 4 garçons et 7 filles. Marie Josefa était la cinquième de la fratrie. Deux de ses sœurs sont entrées aussi dans la congrégation :  Mª Dolores et Carmen. Trois autres sont restées célibataires tandis que Marie-Thérèse s’est mariée. Parmi les fils, trois se sont mariés :  Isidro, Juan et Víctor tandis que l’aîné, Martín, est mort accidentellement, encore jeune, au cours d’un jeu à la maison.   

Une gouvernante anglaise, Miss Blanche, leur enseignait cette langue qui allait tellement faciliter les relations de Mª Josefa avec toute la Société.
La famille habitait au 32 Paseo de Gracia et passait l’été à Vallvidrera.

Mª Josefa a été une très bonne élève au comportement parfait, réservée et timide. Elle faisait partie du groupe des vocations que la Mère Garrido cultivait au Sacré-Cœur de Diputación où se fit toute son éducation jusqu’au Baccalauréat.

Elle entre comme postulante à Chamartin le 20 février 1924 et c’est là qu’elle prononce ses Premiers Vœux le 9 septembre 1926, entre les mains de la M. Modet, Vicaire. Comme Aspirante, elle est professeur à Diputación, Barcelone ; au retour de sa Profession, faite à Rome le 8 février 1932, sous le Généralat de Mère Vicente, on la retrouve encore comme Professeur, pendant deux ans, à Saragosse.

Elle a deux ans de Profession en 1934, quand elle est envoyée à Algorta comme Maîtresse Générale. Elle a cherché à développer la croissance intégrale des personnes qui l’approchaient « en une relation authentique de réciprocité où chacun  reçoit et donne pour croître ensemble ».

Au début de la Guerre civile espagnole, elle part comme réfugiée dans notre maison de Bordeaux dont la supérieure était Mère de Lescure. Avec le groupe des réfugiées, elle quitte Bordeaux pour Saint Sébastien où elle donne des cours, puis part pour Algorta où elle reprend la charge de Maîtresse Générale jusqu’à ce que nous la retrouvions à Saint Sébastien où elle arrive comme Supérieure en 1939. La maison était alors peuplée de religieuses et d’enfants originaires de différentes régions d’Espagne qui avaient fui les lieux où sévissait encore la guerre. Bon nombre d’entre elles rappellent encore l’affection  et la délicatesse qui marquèrent l’accueil et les attentions qui leur furent réservés. De Saint Sébastien, Mª Josefa part  pour Sarria en 1946 où, supérieure pendant six ans    , elle fait, de la communauté et de l’établissement scolaire, une famille heureuse et unie.                                                         .
En 1952, elle devient Supérieure à Godella où les Valenciennes, avec tout leur enthousiasme, lui ont ouvert largement leur cœur. C’est pendant son mandat que l’on a construit la partie neuve des bâtiments. Autre caractéristique de cette époque à Godella : sa relation aux Anciennes Elèves. Supérieure à Bilbao de 1956 à 1958, elle se laisse gagner par une terre à la fois rude et amène. Bien des sœurs s’y sont senties comprises malgré leur difficulté  à s’exprimer en espagnol. Comme elles, Mª Josefa utilise peu de mots, parvenant à se faire comprendre.
La musique, les chants et son désir que les enfants apprennent le français ont été les caractéristiques bien enracinées de ce qu’elle a toujours cherché à développer partout où elle passait.

En 1958, elle est nommée Assistante Générale et doit partir pour Rome. A l’annonce de cet appel, elle ne cessait de repeater: « Ce n’est pas possible !  Ce n’est pas possible ! ». Elle allait commencer une vie toute autre : courrier, visites, voyages. Lorsqu’ elle était à la maison, elle jardinait volontiers et donnait du temps au chant.

Un de ses voyages vaut d’être particulièrement souligné : celui de Mexico qu’elle a effectué à l’occasion de la mort de Mère Carlota Cabrera, Vicaire ; elle accompagnait aussi la Mère Monserrat Espadaler, nouvelle Vicaire, qui a toujours rappelé avec une infinie reconnaissance ce geste de  soutien qui l’avait tellement aidée à assumer une charge rendue difficile par les circonstances douloureuses du changement et qui avait gagné l’adhésion des Mexicaines.

Au cours du Chapitre de 1967, Mère Bulto a joué un rôle clef face à la démission de
Mère de Valon et dans l’acceptation de sa nomination comme Supérieure Générale de transition, “pour trois ans”. C’était, pour la Congrégation, des moments difficiles qui entraînaient de grands changements pour l’Eglise et la Société
On peut affirmer combien Mère Bulto s’est alors révélée fidèle à toutes, tant à celles qui regardaient le passé avec nostalgie qu’à celles qui souhaitaient un changement rapide. Peut-être son secret a-t-il résidé en ce qu’elle inspirait la confiance. Pays, communautés, personnes se sont tous sentis valorisés et appréciés.

Ses trois années de généralat achevées, Mère Bulto quitte Rome en 1970, pour un séjour à Londres et à Taïpei ; à son retour dans la Province, elle a résidé à Madrid, puis Pampelune où elle a contribué à la création d’un département d’Enseignement de l’Anglais dans l’établissement scolaire.

Plus tard, de 1978 à 1984, elle apporte son aide à la Communauté de Briñas et à l’infirmerie de Algorta, jusqu’à son départ pour la résidence de Sarria où, jusqu’à la fin,
elle apporté l’aide de sa fidélité et son amitié, grâce à son courrier d’abord, tant qu’elle a pu répondre à toutes les lettres qui lui parvenaient, par le silence et l’enfouissement dans la prière à partir du moment où  elle n’a plus eu la force de parler.

bulto-text

Mª Josefa Bultó vient de se trouver avec Dieu, à 9  heures du soir d'aujourd'hui, 6 décembre 2011, à 106 ans. Il est né le 15 septembre 1905.

Elle est parti avec la même délicatesse et la seigneurie avec lesquelles elle avait vécu.

Elle a passé les dernières années de sa vie; cette vie qu'elle a livrée toujours sans mesure, silencieuse, souriante, attentive, reconnaissante.

Elle a su nous laisser une grande Paix dans la même ligne qui a été sa marche dans la vie, sans des sursauts, sereine, dicrète.

Elle a servi la Société fidèlement toujours et d’une manière particulière dans les moments critiques après le Concile où le Cor Unum, l’union de la Congrégation aurait pu être cassée.

Nous lui devons beaucoup, nou sommes très reconnaissantes, nous l’aimons et nous ne l'oublierons jamais.

Que le Seigneur, - "mon pasteur, comme elle l’invoquait fréquemment - le fasse reposer dans son Amour.


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Mª Josefa,
Dans ce moment si important de ton pas vers le Père, nous voulons te remercier ensemble
Merci pour ta sagesse, ta clarté en exposant la vérité comme tu la percevais, avec toute honnêteté.
Merci pour ta fidélité et ton attention spéciale à chacune comme si elle était unique.
Merci pour ta capacité de limer des différences.
Merci pour ton "savoir faire" dans des moments de conflit.
Merci pour les années de souffrance passées en concevant le changement de la Congrégation.
Merci par être fidèle à ton service de "autorité", accueillant au même temps des nouveaux appels
Merci pour te retirer consciemment, convaincue que le "nouveau vin a besoin de nouvelles outres"
Merci pour irradier vie là où tu allais avec simplicité et humilité, de pas laisser la relation avec celles qui ont continué à t'écrire et à te visiter..
Merci pour ta vie que Dieu, notre Père, a déjà remplie d'une joie complète.

 

Pour voir un hommage de la province espagnole de Mère Bultó, cliquez ici.

Commentaires (8)
  • Ramón Bultó de Otto  - España

    Queridas hermanas:

    Como sobrino-nieto de Mª Josefa (tía Pepa para nosotros), guardo muchísimos recuerdos de ella.

    Cada vez que venía a Madrid pasaba por casa a visitarnos, y se sentía que esa casa se llenaba de paz de forma casi inmediata. Sus palabras siempre sabias y amables, su eterna sonrisa, la bondad que infundía... podría estar meses escribiendo acerca de ella, pero creo que todos conservamos nada más que buenos recuerdos de ella.

    Aunque, por vivir en Madrid, hacía mucho tiempo que no la veía, siempre que hablaba con mi abuelo o mis tíos me interesaba por su estado de salud.

    Seguro que ahora estará trabajando junto a Jesucristo como siempre ha hecho aquí en la tierra.

    Todos la echaremos mucho de menos y la tendremos presente en nuestros recuerdos el resto de nuestras vidas.

    Un fuerte abrazo,
    Ramón Bultó de Otto

  • Rose Chihwei Sun  - Taiwan

    Here in Taipei community, we remember Mother
    Bulto's sojourn with warm gratitude and admiration. She was a living example of simplicity, doing hidden tasks in community and in our apostolates, such as daily setting the tables in the school refectory with chopsticks and bowls for 350 boarders, edifying the workers with her gentleness and humility.

  • Ana Maria Uribe  - Colombia

    Doy gracias a Dios por su vida, por lo que nos enseño, por su sabiduría. Qué vida para aprender, qué ejemplo para todas para las nuevas generaciones

  • Byrnes Margaret  - England

    Thank you for sharing her life story with the International Society.

    I had the joy of living and working alongside Mother Bulto in Rome after my final profession in 1969, being a member of the Mother House community during those years of great change preparing for and experiencing the General Chapter 1970. I loved her and I know she loved me, too. We kept in touch, and I had the joy of visiting her in Barcelona on two occasions. We corresponded until 2001 until it became too difficult for her to write. I owe her so much.

  • Helen Rosenthal, rscj  - United States

    I knew and loved Reverend Mother Bulto in Rome where she took a special interest in me as I was sent to the Trinita before Probation and then went to the Mother House early to be in the community before Probation; I worked in Mother Benziger's office, but the work I helped with was for Mother Bulto. Then I went to Chile and she came to visit and it was wonderful to see her again and she was so kind and affirming. One thing she said that has always stayed with me is that she really believed everyone acted for the best; she said she knew she often made mistakes, but had acted with good will and thought that we should realize that everyone else also was acting in good will and that would help us to really love one another. I saw her one more time in Barcelona and was struck again by her humility and simplicity. She was a great religious and I am grateful for her presence in my life.

  • Dacia Van Antwerp  - United States of America

    May Mother Bulto rest in peace. I thank God for her bouyant personality and her wisdom and grace. We have been blessed by her life and presence. May she continue to look after us.

  • Maria Cecilia Rondon Amarante  - BRASIL

    Je m´unis de tout coeur à ce remerciement.
    J´ai connu Mère Bultó à ma probation, en 1960.
    Je garde toujours ses paroles fortes et encourageantes, pleines de sagesse:
    "Tout est dans la Foi. Force, lumière, amour, conséquence de la vie de foi."
    Et specialement pour nous, professes de la Charité Universelle du Coeur de Jésus:
    "Que partout, toujours, chaque personne qui me voie voit un peu au moins de la Charité du Coeur de Jésus"

  • van Doorslaer Thérèse rscj  - Belgique

    Bien chères Soeurs,
    Mon très sincère MERCI pour ce témoignage quant à notre chère Mère Bulto, je la découvre davantage, grâce à vous, je savais peu de sa vie.
    Lors de ma Probation fin 1961, début 1962 j'ai eu la joie de la rencontrer quelques fois,son sourire était un encouragement quand nous avions la joie de la croiser dans les corridors de la grande Maison Mère. Ce qui me reste très fort en mémoire, c'était l'amour de toutes les probanistes espagnoles (14) pour Mère Bulto, lors des visites autorisées elles envahissaient son bureau...avec effusion...ce qui n'était pas la coutume en ces années.

    Avec vous, chères Soeurs, je la prie pour la Société et votre Province.

    En sincère union et encore toute ma reconnaissance.

    Thérèse van Doorslaer

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