Province de Belgique –Nederland | Ce projet est né il y a 6 ans en puisant ses intuitions du projet de nos sœurs d’Espagne. La sensibilisation des jeunes aux justes relations entre le Nord et le Sud, à la dette, au développement durable, à l’intégrité de la création, à un chemin spirituel etc. est un défi stimulant et une belle mission éducatrice. Après les premières années de travail dans ce projet, nous désirons renforcer la formation sur la dimension du dialogue interculturel dans ces divers enjeux au Nord comme au Sud. Le chapitre 2000 nous y conviait aussi. Les témoignages ci-dessous le montrent à leur tour.
Mais avant d’aller au Sud, les jeunes rejoignent d’abord les réalités du Nord en faisant du bénévolat auprès des personnes défavorisées. Elles font aussi l’expérience de communauté multiculturelle en participant à la célébration eucharistique de la communauté chrétienne de quartier ou au camp de familles à la Ramée pendant les grandes vacances. Un encadrement personnalisé leur est proposé tant au Nord qu’au Sud par une sœur du Sacré-Cœur. Nous sommes conscientes qu’accueillir une jeune est un engagement exigeant pour une communauté. Nous espérons vraiment susciter un réel partenariat avec nos sœurs du Sud qui enverraient leurs jeunes au Nord ou nous interpelleraient sur d’autres alternatives solidaires de développement.
Bénédicte Goorissen rscj Xuân Nguyen rscj
Projet de Solidarité Nord-Sud | Quelques jeunes femmes partagent leurs expériences :
 | rscj. Tchad
| Mon souhait : être en route vers plus de lucidité, de responsabilité en tant que citoyenne du monde. Je m’appelle Nathalie, j’ai 30 ans, je suis vétérinaire de formation, spécialisée en gestion de la faune sauvage et de l’environnement. Un peu sauvageonne dans l’âme, lorsque je suis partie pour la première fois sac sur le dos direction l’Afrique, c’était surtout à la recherche de l’Aventure, celle que l’on trouve dans les films ou les romans, mêlée de grands espaces et de liberté. La justice, l’égalité sont des sujets qui m’ont très tôt interpellée. Longtemps, cependant, j’ai vu cela comme une question de choix personnel, une façon d’être, de se comporter, une sorte de respect de l’autre à tenter de garder en toutes circonstances. L’engagement social m’apparaissait alors avant tout comme un métier. Le mien consistait à gérer l’environnement, chacun son labeur ! Je vivais depuis près d’un an et demi au Botswana, passant la plupart de mon temps dans les réserves naturelles et les parcs nationaux du pays, quand j’ai été amenée un jour à déménager et m’installer à Harare, capitale du Zimbabwe. Autre pays, autres gens, autre contexte politico-économique. Là, loin de la nature et de ses splendeurs, j’ai ouvert pour la première fois les yeux sur la réalité des « populations locales » et sur ce fossé, creusé par le hasard des naissances, entre riches et pauvres, entre blancs et noirs. Ainsi tout a commencé. Et lorsque j’ai croisé le regard de ce petit gamin des rues, mendiant à un carrefour de la ville, j’ai pris définitivement conscience que j’avais moi aussi un rôle à jouer dans tout cela. Aussi modeste soit-il à l’échelle du monde, mais à la hauteur de ce que je suis capable de donner. Quelques mois plus tard, je suis rentrée en Belgique. J’ai pris contact avec diverses organisations humanitaires, j’étais décidée à « partir sur un projet ». Elles m’ont vite fait comprendre que la bonne volonté ne suffisait pas. Alors j’ai décidé d’acquérir un peu d’expérience en prenant le problème par un autre bout : « Tu veux aider les gens ? Et bien aide les gens ici ! Ici non plus, les problèmes ne manquent pas … ». J’ai contacté l’association Transmission, qui regroupe des informations sur la plupart des associations bruxelloises. Je ressentais le besoin de travailler spécifiquement avec des femmes et des enfants. Je me suis dirigée vers l’alphabétisation des adultes, et l’aide aux devoirs. C’est ainsi qu’un beau matin, j’ai sonné à la porte de la Communauté des Potiers qui - située dans un quartier à forte composante immigrée - travaille essentiellement avec des femmes musulmanes. J’ai ainsi fait la connaissance d’Aïcha, Myriem, Yamina et toutes les autres … et j’ai réalisé que j’avais fait le bon choix : le sentiment d’être utile donne des ailes ! Cette expérience, je l’ai cependant volontairement choisie courte, gardant toujours en tête l’idée de « repartir » en Afrique. Aussi pendant cette période, j’ai suivi deux formations préparant à l’aide au développement. La Communauté des Potiers propose son propre module de réflexion sur la question, et nos nombreuses conversations m’ont permis de voir plus clair dans mon désir d’engagement. Une autre formation auprès de l’association Iteco m’a également ouvert les yeux, tant sur la notion d’aide au développement que sur ma motivation à vouloir « partir ». Aujourd’hui, je vis au Tchad depuis 4 mois. Tandis que mon compagnon, écologue, travaille sur un projet environnemental basé ici à N’djamena, j’essaie de mettre en pratique ce que m’ont enseigné mon expérience dans la vie associative bruxelloise, et les nombreuses réflexions et discussions qui ont accompagné mon séjour au pays. Actuellement je travaille pour un petit groupe de femmes qui désire mettre sur pied sa propre école d’alphabétisation. Je suis également les activités de nombreuses petites associations travaillant sur N’djamena. La vie associative ici est exceptionnellement dynamique. Elle manque aussi cruellement de moyens financiers, mais il y a de la volonté, de la vivacité d’esprit, de la révolte face à l’ordre établi, du cœur et du courage. J’espère que j’apporterai quelque chose par mon action ici, mais je le sais déjà, c’est surtout moi qui vais changer au cours de cette expérience. Mon souhait actuel : être en route vers plus de lucidité, de responsabilité en tant que citoyenne du monde. Il y a beaucoup à faire, tout le monde le sait. Et les réels ennemis d’un « développement équitable » ne sont pas toujours là où on le croit. Ainsi, l’aide internationale, souvent mal ciblée, aide parfois plus ses généreux donateurs que les pays « pauvres » à qui elle est destinée … Nathalie Van Herle (Chad, 2002, 30 ans) Contrastes J’aimerais vous laisser quelques impressions de mon carnet de bord sur le séjour à Béni-Ebeid en Haute Egypte. « Un fellah sur son âne aux couffins remplis de canne à sucre, parlant avec son téléphone mobile, ou encore la télévision grand écran dans une maison en terre cuite…voilà un genre d’images de Haute Egypte qui m’ont marquée. Le contraste énorme qu’il y a entre la modernité et le genre de vie du village, comme à Béni-Ebeid où on utilise l’internet sans pouvoir écrire avec un crayon ! On constate aussi cet énorme fossé quand on passe de la Haute Egypte à la Basse Egypte. Je ne crois pas qu’il vaille la peine de le répéter, mais c’est bel et bien deux mondes à part ! Ce monde de la campagne où il faut vivre en fonction du soleil et de la nature… Le climat chaud du pays se retrouve dans leur comportement, toujours accueillant et prêt à vous offrir tout ce qu’ils ont : « Etfaddali ! » est sans doute le premier mot de vocabulaire qu’un Egyptien apprend. C’est incroyable comme les habitants de la Haute Egypte se satisfont de peu et arrivent toujours à se débrouiller avec un rien. Il y aura toujours une solution pour tout – ou alors on se contente de « Maalech » qui signifie que ce n’est finalement pas si grave. Les anciens se sont contentés de ces habitudes et se sont laissés mener, mais je crois que certains jeunes ne s’en satisfont pas, surtout quand ils ont eu le chance de visiter le Caire, ou simplement de regarder la télévision. Ceci dit, toutes ces traditions les font vivre et colorent la vie. Je peux très bien comprendre qu’on ne veuille pas quitter son pays, son village ou même sa famille rien que pour ces rituels si sympathiques et conviviaux. Parfois ils sont mêlés de superstitions (éviter le mauvais œil, éloigner les mauvais esprits…) – mais ces usages permettent de faire la fête et de sortir des habitudes journalières. Ils ont l’air heureux et semblent être beaucoup moins dépressifs que les gens des pays du Nord. Le soleil et l’énergie les poussent à vivre et créent cette atmosphère détendue, car tout le monde vit dehors, peut-être l’un sur l’autre, mais ensemble ! Ils ont un don de pouvoir se supporter l’un l’autre, alors que moi, j’en serais incapable. » Hortense Dayez (Egypte, 2002, 18 ans) Aller à la rencontre de l’autre Etapes de la communication interculturelle : Etape 1. Etat qui consiste à ignorer les différences, représenté par des attitudes du type : « notre façon de faire est la meilleure » Etape 2. Etat de conscience de la différence atteint grâce au contact interculturel, à la communication et à l’observation : « les autres ont des façons de faire différentes » Etape 3. Etat de tolérance qui respecte sans attacher de jugement de valeur : « ils sont différents » Etape 4. Etat qui consiste à accepter, à mettre en valeur et à utiliser positivement la différence : « laissez-nous travailler ensemble de manière commune et enrichissante » dans « Moi, raciste !?, Commission Européenne » |  On parle souvent de respect, de tolérance, d’acceptation de l’autre dans sa différence. Mais si on veut vraiment faire l’expérience de s’ouvrir à une autre réalité, il faut aller bien plus loin que cela. Il faut en quelque sorte accepter de s’oublier pour repartir à zéro. C’est un nouveau monde qui s’ouvre à nous et on a tout à apprendre des autres. Je me souviens d’avoir ressenti comme le fait d’être retombée en enfance et d’avoir à tout apprendre à nouveau : dire oui, me laver, manger, m’habiller, dire bonjour. Ce n’est pas évident mais il faut, en plus de tout réapprendre, mettre aussi entre parenthèses les valeurs qui guident notre vie, nos principes, nos lois de conduite sociale, nos idées préconçues. Je suis arrivée là en bonne élève, ayant eu toutes les distinctions possibles au niveau scolaire et me suis retrouvée en face de personnes qui ne voyaient même pas de quoi je parlais. L’éducation qui est le pôle majeur de notre vie ici n’a parfois aucune importance dans la vie de l’autre. De même, j’ai été amenée à avoir des conversations avec des populations tribales qui n’avaient aucune notion de l’argent car ils se contentaient de vivre de leur récolte de riz annuelle sans prendre part à aucune forme de commerce. Mon opinion sur l’éducation et l’argent a été chamboulée, mais aussi par exemple mon idée de la beauté (une belle femme indienne est blanche et bien en chair) et de la politesse (on se fait inviter chez les gens, on mange avec les doigts). Il faut être prêt à accueillir une réalité qui nous dépasse et pour cela tenter de la voir à travers les yeux de l’autre. J’ai eu l’occasion de découvrir une société extrêmement riche sur des points presque éteints dans nos sociétés occidentales, tels que - la générosité spontanée (les petits enfants se battent pour offrir à leurs professeurs une partie de leur collation),
- un accueil extraordinaire : dans la culture indienne, l’invité, quel qu’il soit et qu’il soit attendu ou non, doit être traité à l’égal d’un dieu.
- Un sens de la famille et de la communauté hors du commun
Beaucoup de choses m’ont aussi révoltée et choquée, il m’a fallu, et cela a pris un certain temps, me mettre à la place de l’autre pour les comprendre. - il y a énormément de novices de très jeune âge : la vie de religieuse est très attirante car elle est une promotion sociale pour la femme indienne, elle est alors respectée, peut travailler, voyager et vit dans des conditions de vie bien supérieures à la moyenne des gens.
- N’importe qui a à sa charge des servantes pour faire à peu près tout et n’importe quoi : c’est dans le devoir de celui qui en a les moyens de faire profiter les autres de sa richesse en offrant du travail (pays surpeuplé).
- Les jeunes n’ont pas ou peu d’ambition : système des castes qui même si « aboli » enlève à ces jeunes la possibilité de rêver à un futur meilleur. En plus, la plupart n’ont vu que leur petit village et ne sauraient même pas imaginer une vie différente que celle des générations précédentes.
- Les enfants servent les plus âgés : plus du tout comme chez nous avec le règne de l’enfant-roi et les maisons de repos où l’on jettem les vieux. Là-bas, les aînés, on leur doit tout.
- Les gens achètent une télévision avant un frigo : la TV est un signe de richesse et est divertissante.
J’ai ainsi appris qu’il y a plusieurs façons de voir et que la nôtre n’est pas forcément la bonne. Pour s’ouvrir à l’autre, il faut donc tout d’abord s’oublier et puis ensuite accepter une relation égalitaire. On a autant à recevoir qu’à donner. J’ai eu l’occasion de vivre de vraies amitiés avec des personnes totalement différentes de moi : une riche indienne musicologue, une jeune religieuse, et une servante illettrée. Ces amitiés ont été des expériences humaines extrêmement enrichissantes. Odile Dayez (Inde, 2004, 18 ans) "Regarde Jésus dans Sa Face. Là, tu verras comme Il nous aime … " Voilà le "conseil" que nous donne Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face. Regarder Jésus, regarder Son Amour, regarder Sa souffrance – Il a souffert et continue à souffrir pour nous et avec nous – en regardant mes frères et sœurs humains, j'ai pu en faire "l'expérience" à l'autre bout du monde … J'ai passé 2 mois en R.D.C. (Congo), à Gombe, dans une communauté de r.s.c.j. et j'ai fait un "petit apostolat" dans un centre pour personnes handicapées. Tout commença avec un désir au fond de mon cœur. Un désir de "partir à l'écart", me mettre à l'écoute et pourquoi pas "être un peu utile" ! Un désir aussi de rentrer dans "une petite voie", celle de la confiance et de l'abandon … s'en remettre à "Notre Père" qui sait Lui ce dont nous avons besoin ! Ce fut aussi un temps qui m'a permis de regarder vers Marie – Notre-Dame est très présente dans la "culture africaine" – et la laisser m'enseigner la patience, la douceur, la constance dans la foi, à accueillir l'Amour de Dieu et de mes frères et sœurs - à travers lesquels Dieu passe -, apprendre à rentrer petit à petit dans le dessein de Dieu pour faire "non pas ma volonté mais SA volonté" et me tenir prête à "être la servante du Seigneur". J'ai donc vécu une forte "expérience spirituelle" et ce fut aussi une riche "expérience humaine". En Afrique, les relations humaines sont simples, Vraies et "ensoleillées". En tant que "mundele" (blanche), ce ne fut pas toujours facile car le "blanc" véhicule l'image de richesse matérielle, mais une fois ce stade dépassé, on peut rentrer dans des relations "profondes". Il m'a fallu aussi dépasser le stade du "qu'est-ce que les autres vont penser de moi ?" ; ce fut donc une "expérience" qui m'a aussi permis d'apprendre à avoir un peu plus "d'assurance". Mais il faut faire attention, car le "blanc" est encore vite mis sur un "piédestal" comme celui qui sait comment il faut faire ! Il faut donc, grâce à des relations vraies, leur "montrer" qu'ils ont d'énormes richesses et travailler en collaboration : en échangeant nos "savoir-faire"… encore une expérience enrichissante ! Ce fut aussi l'apprentissage de la "pauvreté" - qui n'est pas seulement matérielle d'ailleurs - : apprendre à se passer de son petit confort, apprendre à se passer des objets qu'on a oublié ou apprendre à demander : des choses à prêter, des choses à faire, demander "comment faire" ceci ou cela, … L'apprentissage de la vie en communauté : qui est l'apprentissage de la vie fraternelle, du partage, la confrontation des avis aussi et permet de "grandir", "croître". Oui, au Congo, j'ai vu "comme Jésus nous aime". Chaque rencontre, chaque "bonjour", chaque regard, chaque poignée de main,… c'est Jésus qui est venu vers moi et j'ai pu aimer chacun de mes frères par Son Amour. Je continue à porter dans mes prières ce "peuple" qui m'a fait entrer un peu plus dans le mystère de Dieu, mes frères et sœurs du Congo qui sont "une lettre de Christ, écrite non avec de l'encre mais avec l'Esprit du Dieu Vivant, non pas sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs" (comme le dit Saint Paul à l'égard des Corinthiens). Voilà ce que le Seigneur a semé en moi et a permis que sa semence se déploie un peu au Congo et je le prie "d'achever ce qu'Il a commencé". Que le Seigneur fasse découvrir à plein d'autres jeunes ce grand bonheur de se laisser envoyer en mission, de le suivre… que ce soit pour un temps ou pour la vie … Sonia De Vree (Congo, 2003, 33 ans)
| | Kenya, Helen O’Regan rscj |
Richesse / Pauvreté Il va sans dire que notre pays, l’Europe est plus développée et plus riche que l’Afrique au niveau matériel. On a tout ce qu’on veut : on mange à sa faim, on a le chauffage, notre cuisine est super équipée, on dort dans de bons lits, et j’en passe. C’est sans doute sur-développé. On veut toujours plus grand, plus performant, plus rapide, plus beau. En Afrique, ils sont riches autrement. Ils ont une richesse dans leur culture. Même s’ils vivent dans des maisons délabrées, qu’ils ne mangent pas tous les jours, qu’ils n’ont pas la voiture dernier cri, ces gens ont des valeurs qui sont plus fortes que leur besoin matériel. - Ils ont un sens de l’accueil : tu es toujours accueilli avec le sourire, c’est une joie pour eux que tu viennes leur rendre visite. Tu es souvent invitée à entrer dans la maison alors que tu ne connais pas les gens. Quand tu te promènes dans la rue, tout le monde te dit bonjour. Les enfants courent dans tes bras. On s’arrête, on parle.
En Europe, on est trop pressé, on connaît à peine son voisin ; on ne prend pas la peine de s’arrêter pour discuter. - Il y a également une grande solidarité : Même si les gens sont pauvres, qu’ils n’ont rien, ils s’aident les uns les autres. Je me rappelle, un jour Mary n’avait presque plus de charbon pour cuire son souper. Sa voisine, qui n’en n’avait presque plus, lui en a donné un peu afin qu’elle puisse cuisiner.
Quand j’arrivais dans une famille, ils voulaient toujours m’offrir un coca ou du thé, alors qu’ils n’avaient presque pas d’argent. J’ai pu voir de nombreuses organisations qui ne fonctionnaient qu’avec des bénévoles.Souvent, les gens sont atteints du SIDA et créent une association afin de venir en aide aux autres sidéens. Ils soutiennent et aident des familles. Ces gens ne gagnent pas un rond mais ils gagnent de l’estime de soi, de la reconnaissance; c’est leur moteur de vie. - La foi est très importante. Pour eux, c’est une grande richesse. Ils « comptent » sur Dieu, ils se raccrochent à Lui pour avoir de l’espoir. Ils croient en Lui d’une façon incroyable. Dans toutes les conversations, on parle de Dieu.
Le dimanche, c’est une grande fête. Les églises sont pleines à craquer. Les chants sont rythmés et il y a des danses, les gens sont heureux. - La famille est également très importante. Les enfants aident les parents. Ils vivent souvent tous ensemble dans une maison. Les grands s’occupent des petits et les vieux sont respectés.
Evidemment, le problème est que, souvent, dû à la pauvreté, on préfère envoyer les enfants travailler pour qu’ils rapportent de l’argent. De ce fait là, ils ne vont pas à l’école.
Même sans rien, il y a moyen de vivre. Les gens vivent de leurs plantations mais aussi et surtout grâce à la chaleur humaine, la solidarité et la foi qui les unit.Moi, ma pauvreté là-bas, c’était d’être seule. Au début, je ne connaissais personne et j’étais à l’autre bout du monde. C’est grâce à l’accueil sans frontières, aux sourires, à la gentillesse des gens que je me suis sentie intégrée dans ce monde inconnu. Christine Leclercq (Ouganda-Kenya, 2004, 22 ans) |