Journée internationale des femmes 2004 Sheila Smith, rscj (Canada) « Tout ce qui est offense à la dignité humaine, comme les conditions sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes ; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable : toutes ces pratiques et d’autres analogues sont, en vérité, infâmes . Tandis qu’elles corrompent la civilisation, elles déshonorent ceux qui s’y livrent plus encore que ceux qui les subissent et insultent gravement à l’honneur du Créateur. » (Gaudium et Spes, 27) Ouverture : Leader : Nous sommes réunies en présence d’un Dieu compatissant qui rêve de liberté pour toutes ses filles. Nous demeurons donc solidaires les unes des autres sachant que nous sommes la voix de Dieu dans notre monde alors que nous déclarons : D : Notre détermination à travailler en solidarité tant à l’intérieur de nos communautés religieuses que dans les pays où nous sommes, et à dénoncer avec insistance, et à chaque niveau, l’esclavage et le viol dont sont victimes les femmes et les enfants et particulièrement la traite des femmes devenue un commerce lucratif au plan multinational. G : Héritières de notre longue tradition d’éducatrices, nous continuerons à promouvoir partout l’éducation et la formation des femmes en engageant des ressources, en personnes et en argent, pour assurer le développement intégral de la femme à chaque étape de sa vie et en lui offrant des conditions pour faire grandir sa force intérieure et apprécier les dons de Dieu pour promouvoir et valoriser la vie. D : Comme femmes engagées en faveur des droits de l’humanité, nous déclarons une fois encore, notre solidarité avec les pays les plus pauvres et nous répétons notre résolution de travailler pour l’annulation de la Dette Internationale. G : Comme femmes, opposées à la violence et aux conflits sans fin, nous exprimons notre engagement à créer une culture de paix et nous faisons appel aux chefs des gouvernements et aux sociétés multinationales afin que cessent la vente et l’achat des armes. D : Comme femmes engagées dans la conservation de l’environnement, partout, et chaque fois que cela sera possible, nous poserons des actes afin de changer les manières d’agir qui provoquent le réchauffement et les changements climatiques et qui menacent toute forme de vie sur notre planète. G : Nous nous engageons à mettre en ?uvre ces résolutions grâce à un système de réseau entre nous et avec d’autres organismes existants pour partager nos préoccupations à l’intérieur des Églises et dans la société. Ensemble : Attentives aux cris qui surgissent unanimement de nombreuses cultures, nous voulons y répondre, comme femmes disciples de Jésus-Christ, qui voient le monde avec les yeux du cœur et la compassion du Dieu d’Amour. (Déclaration des religieuses membres de l’Union Internationale des Supérieures Générales participant à la Plénière de l’UISG qui s’est tenue à Rome du 6 au 10 mai, et ratifiée par l’Assemblée des Déléguée le 13 mai 2001.) Voix 1 Leader : Ouvrons les yeux de notre cœur aux histoires des filles du peuple de Dieu qui sont aujourd’hui brisées, ruinées, blessées, détruites par le trafic humain. Voix 2-5 Litanie et rituel : Leader : Écoutez ! Le cri de la fille de mon peuple d’ici et d’ailleurs, celle que l’on trompe, que l’on abuse, qu’on rend esclave dans l’industrie du textile. (inspiré de Jr 8, 19) Réponse : Attentives aux cris qui surgissent unanimement de nombreuses cultures, nous voulons y répondre, comme femmes disciples de Jésus-Christ, qui voient le monde avec les yeux du cœur et la compassion du Dieu d’Amour. Un beau tissu, symbole du travail équitable des employées du textile, est placé par terre ou sur une petite table au centre. Leader : Écoutez ! Le cri de la fille de mon peuple d’ici et d’ailleurs, celle que l’on trompe, que l’on abuse, qu’on rend esclave dans le service domestique. Réponse : Attentives aux cris qui surgissent unanimement de nombreuses cultures, nous voulons y répondre, comme femmes disciples de Jésus-Christ, qui voient le monde avec les yeux du cœur et la compassion du Dieu d’Amour. Un bol d’eau propre symbolisant la libération de toutes celles que le service domestique a piégées, est placé sur la table. Leader : Écoutez ! Le cri de la fille de mon peuple d’ici et d’ailleurs, celle qui est déplacée, sous-payée, esclave dans les plantations de café. Réponse : Attentives aux cris qui surgissent unanimement de nombreuses cultures, nous voulons y répondre, comme femmes disciples de Jésus-Christ, qui voient le monde avec les yeux du cœur et la compassion du Dieu d’Amour. Du café équitable est placé sur la table pour symboliser les agricultrices qui travaillent dans leur propre milieu pour un salaire juste et pour devenir libres dans leur culture et leur pays. Leader : Écoutez ! Le cri de la fille de mon peuple d’ici et d’ailleurs, celle qui est exploitée dans les champs de cacao qu’elle récolte pour la production du chocolat. Réponse : Attentives aux cris qui surgissent unanimement de nombreuses cultures, nous voulons y répondre, comme femmes disciples de Jésus-Christ, qui voient le monde avec les yeux du cœur et la compassion du Dieu d’Amour Du chocolat équitable est placé sur la table pour symboliser la fin de l’esclavage des enfants. Leader : Écoutez ! Le cri de la fille de mon peuple d’ici et d’ailleurs, celle qu’on vend, qu’on couvre de honte, qu’on réduit en esclavage pour le commerce du sexe. Réponse : Attentives aux cris qui surgissent unanimement de nombreuses cultures, nous voulons y répondre, comme femmes disciples de Jésus-Christ, qui voient le monde avec les yeux du cœur et la compassion du Dieu d’Amour Une rose est placée sur la table pour symboliser le respect de la beauté de toutes les filles de la terre. Moment de réflexion et de partage Lorsqu’une personne s’exprime, elle place dans le visuel la photo d’une ou des femmes qu’elle a apportée avec elle. Prière de conclusion : Prière pour que cesse le trafic Seigneur Dieu, nos mots ne suffisent pas pour exprimer ce que notre intelligence peut à peine comprendre et ce que notre cœur ressent quand nous entendons parler des femmes ou des filles trahies et transportées vers des lieux inconnus pour devenir victimes d’exploitation et d’abus sexuels à cause de la cupidité humaine et de la soif du profit dans notre monde d’aujourd’hui. Notre cœur est triste et notre esprit en colère parce que leur dignité et leurs droits sont violés lorsqu’on les menace, qu’on leur ment, qu’on utilise la force contre elles. Nous crions contre la pratique dégradante du trafic et nous prions que cela cesse. Fortifie les esprits fragiles et les coeurs brisés. Réalise tes promesses et remplis nos sœurs d’un amour tendre et bon et renvoie les exploiteurs les mains vides. Donne-nous la sagesse et le courage d’être solidaires de nos sœurs et de trouver des moyens pour en arriver à cette liberté qui est le don que tu nous offres. ( School Sisters of Notre Dame «SSND », Trafficking Reflection Booklet, Canadian Province, p. 10) Chant final : Au choix Actions possibles : - Se familiariser avec la complexité de l’enjeux : trafic humain
- Signer une pétition contre le trafic des enfants pour la production du cacao à www.savethechildren.ca
- Acheter le café et le chocolat équitables ; demander à votre épicier de l’offrir en magasin
- Soutenir vos cultivateurs locaux
- Prier régulièrement la Prière pour que cesse le trafic
- Écrire une lettre à son membre du parlement pour faire connaître ses inquiétudes face à l’implication du Canada dans le trafic des personnes
- Avant la prochaine journée internationale des femmes, offrir un atelier ou une session d’informations sur le trafic des femmes et des enfants. La trousse de ressource de l’UISG comprend des idées pour préparer un atelier. On peut se procurer cette trousse à
Cet email est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
- Demandez de l’aide JPIC de la CRC.
Guide de l’animatrice Préparation antérieure : Demander à chaque participante d’arriver avec une photo ou une image tirée d’une revue ou d’un journal sur lequel on voit une ou des femmes vivant dans l’extrême pauvreté créée par la mondialisation corporative. Ce même visage de la mondialisation qui permet des attitudes qui mènent au trafic des humains. Recueillir les symboles suivants (ou les créer soi-même) pour le visuel : un beau morceau de tissu, un bol en verre ou une cruche avec de l’eau, fèves de café équitable, chocolat équitable, une rose ou une plante avec des fleurs. Placer les chaises en cercle autour d’une table basse, ou de l’endroit où l’on pourra monter le visuel au cours de la prière. Musique : Choisir une musique ou des chants appropriés Rôles requis lors du rituel : Cinq lectrices Cinq personnes pour placer, en temps voulu, les symboles du visuel. Lectures : Voix 1 : Jérémie 8, 18-23 Mon affliction est sans remède, tout mon être est défaillant. On entend les appels désespérés de mon peuple depuis une terre lointaine. Dans Sion n’y a-t-il pas le Seigneur ? Son roi n’est-il pas chez elle ? « Pourquoi m’offensent-ils avec leurs idoles, avec ces absurdités qui viennent d’ailleurs ? » La moisson est finie, l’été a passé et, pour nous, toujours pas de salut ! À cause du désastre de mon peuple, je suis brisé. Je suis dans le noir ; la désolation me saisit ! N’y a-t-il pas de baume en Galaad, pas de médecin là-bas ? Pourquoi ne voit-on pas poindre la convalescence de mon peuple ? Qui changera ma tête en fontaine, mes yeux en source de larmes pour pleurer jour et nuit les victimes de mon peuple ? Voix 2 : L’histoire d’Alima Alima est l’une de six enfants d’une famille pauvre qui habite un petit village isolé dans la région de Mopti au Mali. Elle avait passé la grande partie de ses journées à travailler à la ferme familiale. Elle aimait beaucoup écouter de la musique et en jouer . A dix-sept ans elle a dû se faire de l’argent pour sa dot, son trousseau de mariage et pour se procurer de la nourriture. Ses parents étaient d’accord qu’elle aille à Bamako, capitale du pays, pour y travailler comme domestique. Après deux mois à Bamako, elle avait assez d’argent pour s’acheter un billet pour la Côte d’Ivoire. Avec trois de ses amies, elle quitta Bamako pour se trouver un emploi mieux rémunéré en Côte d’Ivoire. Les filles se rendirent à Sikasso et de là, un intermédiaire offrit de les amener à une plantation pour y travailler comme domestiques pour le propriétaire. Il leur promit 10,000 CFA par mois. Quand Alima et ses amies arrivèrent au contrôle des frontières à Niellé, l’intermédiaire les abandonna. Les policiers de la Côte d’Ivoire arrêtèrent les filles durant la nuit et après deux jours dans ce pays, elles furent renvoyées au Mali. Le 17 janvier 2002 Alima passa par Horon So, un centre de transit, où elle apprit les dangers du trafic. On lui offrit des soins de santé et elle put recevoir du counseling des travailleurs sociaux. Alima voulait retourner chez elle, dans son village. Le directeur de Horon So et quelques officiels l’ont accompagnée jusqu'à son village et ont parlé avec ses parents des dangers du trafic des enfants. (De : www.savethechildrencanada.ca) Voix 3 : Peu de Canadiens savent que le cacao, matière de base pour la production du chocolat, est récolté par des enfants. Des milliers d’enfants travaillent dans les champs de cacao dans des conditions dangereuses où on les exploite. Beaucoup d’enfants ont été attirés et trafiqués hors du Mali pour travailler de longues et dures heures dans les champs de cacao en Côte d’Ivoire. Rares sont ceux qui reçoivent un peu d’argent pour leur travail. (De : www.savethechildrencanada.ca) Voix 4 : Vous ne pouvez pas utiliser mon vrai nom. Ni même le nom qu’on m’a donné en Chine. Je ne sais plus ce que devrait être mon nom. Je ne suis plus la personne qui a quitté son village il y a deux ans. Mon corps y est revenu mais mon âme est ailleurs. Personne ne me reconnaît maintenant mais tous viennent me voir… Je pense qu’ils viennent m’épier parce que je suis sale maintenant. Je suis sale à l’intérieur et mon âme est vide. Je ne sais pas si je peux continuer de vivre ainsi. Ma mère entre dans ma chambre et me dit : « Lena, tu étais une personne si aimable. La personne que tu étais me manque ». Et je réponds : « Maman, je suis différente. Quelque chose est mort en moi. Je pense que c’est le bonheur ». Je n’aurais jamais pensé que cela aurait pu m’arriver. J’avais seize ans quand ils sont venus dans mon village. Ils semblaient très gentils et ils ont offert du travail aux filles d’ici. Celles-ci pouvaient devenir cuisinières en Chine. Le programme semblait très intéressant : trois mois dans une école pour apprendre à cuisiner, toutes dépenses payées. Ensuite une promesse d’emploi d’un an dans un hôtel de luxe chinois. Neuf filles ainsi que moi-même avons signé un contrat. On ne nous a pas donné le temps de les lire ou de les montrer à nos parents. Je croyais qu’on allait exiger l’accord de nos parents puisque nous étions encore d’âge scolaire mais ils ont dit qu’il n’y avait pas de problèmes. Il fallait faire vite pour réserver notre place avant que toutes les places soient prises. Nous étions très excitées quand nos billets d’avion et nos visas pour la Chine sont arrivés. Les gens aimables qui étaient venus au village nous ont escortées à l’avion. Nos familles croyaient que nous allions faire beaucoup d’argent et que nous pourrions ainsi les aider. Mais aussitôt parties, tout a changé. Nos escortes nous ont traitées comme des criminelles. En Chine, ils ont brûlé nos passeports. Quand Masha a essayé de résister, ils l’ont battue et violée devant nous. Nous étions dans une maison de prostitution. Ce premier jour en Chine, ils nous ont emmenées à la morgue pour nous montrer les corps des filles qui s’étaient jetées par la fenêtre pour tenter de s’évader. Ils nous ont dit que nous ne pouvions pas nous en sortir avant d’avoir travaillé comme prostituées assez longtemps pour rembourser les billets d’avions et les autres dépenses. Mais par la suite, ils ont gardé tout l’argent. Je suis chez moi maintenant parce que les policiers ont fait une descente à la maison de prostitution six mois plus tard et alors j’ai été déportée. Vous pensez peut-être que je suis chanceuse mais je ne le suis pas. Un jour, ils reviendront me chercher et si je ne vais pas avec eux, ils me tueront et peut-être qu’ils tueront ma famille aussi. (De la trousse de ressources sur le trafic des femmes et des enfants, p.3.) Voix 5 : LE TRAFIC DES ENFANTS AU CANADA ? ET OUI, CA EXISTE ICI… Le problème existe aussi ici. Une étude récente faite par le Solliciteur général du Canada estime que les retombées du trafic des immigrants au Canada s’élève de 120 millions à 400 millions de dollars par année. Ceci comprend de 8 000 à 16 000 personnes qui entrent au Canada clandestinement chaque année. Les enfants sont trafiqués entre les provinces et à travers l’Amérique du Nord pour : - L’exploitation sexuelle
- Le travail sous-payé (cheap labour)
- Le travail domestique
- La drogue, la contrebande.
De : www.savethechildrencanada.ca
|