essins de Catherine Blood rscj +1974


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Née le 29 août 1769, à Grenoble, Rose Philippine fit son éducation au couvent de la Visitation de Sainte Marie d'En-Haut, puis entra chez ces religieuses à l'age de dix-sept ans. A la révolution, la communauté fut dispersée, et Philippine dut retourner chez e11e. Apres le concordat de 1801, elle essaya, avec quelques compagnes, de reconstituer le monastère, mais sans succès. En 1804, elle prit contact avec le Père Varin, et offrit sa maison, avec sa communauté à la Mère Barat, qui y arriva le 13 décembre 1804. La Mère Duchesne et ses compagnes firent profession le 21 novembre 1805.
Des 1805, Philippine avait entendu l'appel missionnaire. Elle relate ainsi dans line lettre a Sainte Madeleine-Sophie, la grâce qu'elle reçut pendant la nuit du jeudi 'au vendredi saint (3-4 avril) 1806, passée tout entière devant le Saint Sacrement. Cette lettre, remarquable, indique sa capacité - fort peu courante en son temps - de donner à sa prière une dimension universelle.
0 la bénite nuit !... Je l'ai passée tout entière dans le nouveau continent. J'ai voyage d'ailleurs en bonne compagnie. D'abord j'avais précieusement recueilli, au Jardin, au Prétoire, au Calvaire, tout le sang de Jésus. Je m'étais emparée de Lui au Saint Sacrement, je le serrais étroitement, et je portais en tout lieu mon trésor pour le répandre, sans crainte de l'épuiser. Je voyais Saint François Xavier se tenant debout devant le trône de Dieu, Lui demandant de faire fructifier cette semence, et de m'ouvrir de nouvelles terres à éclairer. Saint François Régis était le pilote des voyageurs; et bien d'autres saints encore, jaloux de la gloire de Dieu. Aucune tristesse, même sainte, ne pouvait, en cette nuit de notre Rédemption, s'insinuer dans mon coeur, parce qu'il me semblait qu'il allait se faire une nouvelle application des mérites de Jésus!
C'est en 1818 que Philippine put réaliser ses aspirations. A l'appel de Mgr. Dubourg, elle partit, avec quatre compagnes, pour les Etats-Unis d'Amérique. A Saint-Charles, près de Saint-Louis (Missouri), elle fonda la première maison de la Société dans le nouveau continent, maison qui fut d'abord une cabane de bois. En 1820, elle ouvrit la première école gratuite a l'ouest du Mississippi. En 1828, elle avait déjà fondé six maisons. Elle démissionna, en 1840, de ses fonctions de supérieure, pour se consacrer, a l'age de soixante et onze ans, à l'ouverture d'une école pour les Indiennes à Sugar Creek, Kansas, Le déclin de ses forces l'obligea à abandonner cette oeuvre qui lui était si chère. Elle mourut à Saint-Charles, le 18 novembre 1852, après avoir passé trente-quatre ans de sa vie au service de Société dans sa dimension internationale.
Les biographes de Philippine Duchesne ont souligne son courage de pionnière, poursuivant avec constance son rêve de servir les Indiens; son acceptation d'elle-même; sa présence contemplative, tellement évidente que les Indiens l'appelaient: "la Femme qui prie toujours".
Au coeur de la spiritualité de Philippine, on voit son zèle à étendre la connais¬sance du Mystère du Christ, son ardeur a contribuer a "une nouvelle application des mérites de Jésus" dans un monde nouveau. Les conditions ont beaucoup changé, mais Philippine inspire toujours à sa famille religieuse la recherche de "nouvelles" manières de proclamer le Christ dans chaque contexte "nouveau".
Rose-Philippine Duchesne fut béatifiée le 12 mai 1940 et sa fête est célébrée le 18 novembre, jour anniversaire de sa naissance a la vie éternelle. Elle a été canonisée à Rome. le 3 juillet 1988, par le Pape Jean-Paul II.
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