Refugiés du Darfour à Farchana, Tchad Lolín Menéndez rscj/JRS  | Pour le temps de Noël… « …et il a habité parmi nous… » (Jn 1,14) Le temps de Noël nous invite à contempler ce Dieu, source de Vie qui vient planter sa tente parmi nous et vivre pleinement et totalement notre existence. « Et il a habité parmi nous » : invitation à habiter ma vie dans sa quotidienneté, à lui donner toute son épaisseur, sa valeur et son « poids » puisque Dieu a voulu vivre cette même vie humaine. Est-ce que j'habite pleinement ma vie sans chercher à faire ou à avoir toujours plus, mais en l'habitant davantage ? Est-ce que je m'habite pleinement moi-même sans rêver d'être autrement et ailleurs ? « Et il a habité parmi nous » :sur cette terre qu'il aime, dans ce monde qu'il veut sauver. Comment est-ce que j'habite cette terre ? ce monde ? Est-ce que je travaille à le rendre plus habitable, c'est à dire plus juste et plus fraternel ? Que le Seigneur qui vient nous aide à toujours davantage nous habiter nous-mêmes, à habiter notre vie, notre monde, à rendre celui-ci plus habitable et habité d'une Présence. Pour le temps de l'Epiphanie… « Elargis l'espace de ta tente… » « Elargis l'espace de ta tente, les toiles de tes demeures, qu'on les distende ! Ne ménage rien ! Allonge tes cordages, et tes piquets, fais les tenir, car à droite et à gauche tu vas déborder, ta descendance héritera des nations qui peupleront les villes désolées… » ( Is.54,2) La tente, image symbolique qui court à travers toute la Bible depuis la Genèse et Abraham, l'Exode avec Moïse, les psaumes, jusqu'à l'Evangile de saint Jean annonçant que « Dieu a planté sa tente parmi nous ». Une tente : image du déplacement d'un peuple nomade qui s'en va « de campement en campement », ou pendant la longue traversée du désert après le passage de la mer Rouge. Déplacement intérieur aussi pour ces deux croyants, Abraham et Moïse. Mais une fois plantée, elle devient le lieu du rassemblement de la famille et lieu d'ancrage. Au fil des jours et des heures, ouverte, elle est prête à accueillir la famille qui s'agrandit et à donner l'hospitalité au voyageur qui passe : « élargis l'espace de ta tente, rallonge tes cordages ».. Fermée, elle permet la rencontre, la parole échangée, l'intimité. Elle peut aussi devenir refuge , protection de tout ce qui peut agresser. Tente de la Rencontre avec Dieu pendant la traversée du désert, celle où Yahwé s'entretenait avec Moïse « comme un homme converse avec son ami ».. ;laissons-nous étonner par la précarité et la fragilité de cette demeure de Dieu, de sa permanence et de sa solidité, à condition que « les piquets tiennent bon »… Pourquoi « faire tenir ces piquets et allonger les cordages » ? Au retour d'Exil, Dieu promet au Peuple de l'Alliance une descendance nombreuse, il devra s'ouvrir pour accueillir d'autres nations « qui peuplent les villes désolées ». Les accueillir pour qu'elles puissent elles aussi découvrir ce Dieu unique qui fait route avec son Peuple. En ce temps de Noël et d'Epiphanie, Seigneur, élargis notre regard et notre cœur à ces nations et à ces villes désolées, très proches ou très lointaines . c'est à elles que nous sommes envoyées. Marguerite de Thélin rscj Province de France
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