journée mondiale de la femme à la république démocratique du congo : deux partages Version imprimable Suggérer par mail
04-04-04
Photo: Lolín Menéndez rscj

A l'occasion de la Journée Mondiale de la Femme, et comme tout ce mois est consacré à la femme, je veux vous communiquer une activité entreprise au niveau de notre diocèse de Kinshasa spécialement dans la région Kin-Est (Kinshasa à l'Est).

Du 15 au 16 mars, toutes les mamans rassemblées à un mouvement appelé « Mamans Catholiques » se sont retrouvées à l'occasion d'une série des conférences sur les enjeux de la transition en RD Congo. C'était une occasion pour aider les mamans à s'éveiller et à se sentir responsables du déroulement de la transition pour arriver à une élection libre et transparente.

La première journée a été animée par un abbé du diocèse, l'Abbé François Luyeye (aumônier des anciennes réunies au sein de l'ANASC et représentant de l'Eglise catholique dans la société civile). La deuxième journée fut animée par le directeur à l'auditorat militaire, qui a parlé sur les conséquences de la drogue sur la santé. En cela, il voulait montrer qu'éduquer une femme c'est éduquer toute une nation. Si nous voulons avoir une autorité responsable dans le pays, cela doit être le fruit de l'éducation en famille. Sinon, on a une autorité qui n'a pas le souci des autres et qui n'a pas de capacités voulues.
Ces deux journées ont été riches. Les questions des mamans n'ont pas été épuisées par manque de temps et sont restées à leur soif et ce qui fait que cela nécessite une continuité.

Gina Pamene rscj, communauté de Kimbanseke, R.D.Congo.


Propos de Mme Marcelline Movula, une des participantes à la journée de la femme. Elle est surveillante à l’internant au Lycée du Sacré-Coeur à Kimwenza, République Démocratique du Congo.

Le 08 mars 2004, Journée Internationale de la Femme, a été fêtée en R.D.Congo d’une façon spéciale. Dans la matinée il y a eu plus de mille femmes venant de différents coins de la ville réunies dans la salle du Palais du Peuple. On pouvait les identifier grâce à leurs uniformes : confessions religieuses (des mamans catholiques, protestantes, musulmanes et salutistes), des femmes engagées dans la politique, des enseignantes, des paysannes, des ménagères ; bref, toutes les catégories des femmes étaient représentées. Elles sont venues réclamer leurs droits. Chacune parlait des difficultés de la femme et surtout des violences qui ont été infligées à la femme durant la guerre. Enfin beaucoup de témoignages à ce propos ont fait émouvoir et pleurer plusieurs femmes.

Le discours de Ruberwa, un des quatre vice-présidents, qui voulait demander pardon aux femmes pour celles qui étaient enterrées vivantes, des femmes et enfants violées (de 4 mois à 84 ans) a provoqué une très grande colère et une forte violence. Les mamans l’ont hué. Une femme mutilée durant la guerre lui criait : «Regarde ce que tu m’as fait. J’étais violée avec mes enfants. Il est trop facile de tout effacer par un simple pardon ». Les femmes ont crié leur mépris en lui posant des questions pour savoir ce qui était arrivé aux quinze femmes qu’il venait de tuer avant de venir à Kinshasa, à celles qui étaient violées... Le vice-président a dû sortir par une petite porte.

Les femmes l’ont suivi et ont crié sur lui leur malédiction. Il a quand même fini par lire son discours mais imaginez comment...

Pour un petit rappel, Ruberwa a mené la rébellion à l’Est du pays (Goma). C’est là où les femmes ont subi les souffrances les plus atroces.

Envoyé par Elisabeth Masala, rscj

Dernière mise à jour : ( 25-10-05 )
 

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