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Página 1 de 5 « Travaillons avec plus d'ardeur que jamais. L'espérance de l'Eglise est dans la jeunesse. » Nous pourrions penser que cette phrase que Sophie Barat écrivit un jour est bien banale. Quelle autorité religieuse ou politique n'a pas affirmé avec conviction que la jeunesse est l'avenir du monde ? Toute société met en effet son espérance dans sa jeunesse. Nous pouvons même nous souvenir des dressages auxquels les régimes totalitaires ont soumis en URSS, en Allemagne, au Cambodge, en Corée ou en Afrique les jeunes au point de les entraîner à tuer et d'en faire des délateurs. Car si on peut obtenir l'obéissance des adultes par la crainte ou la terreur, on peut espérer que des enfants bien endoctrinés donneront leur assise aux empires millénaristes imaginés et mis en oeuvre par les dictateurs. Pour Madeleine Sophie Barat, la perspective était bien différente. Certes elle pensait qu'il fallait éduquer les jeunes filles pour leur permettre d'exercer le rôle fondamental qui était le leur dans leur famille et dans leur entourage, mais avant même d'en arriver là, elle estimait qu'il fallait recevoir l'enfant, tout enfant, au nom de Jésus-Christ. « Qui reçoit en mon nom un enfant comme celui-là, c'est Moi même qu'il reçoit. » Cette phrase de l'Evangile de Luc a été choisie à juste titre pour l'antienne de communion de la messe de sainte Madeleine Sophie Barat. Que notre sainte Mère ait voulu, à l'école de Jésus, mettre en pratique cette parole, comment ne pas en être persuadé ? Car elle a souhaité faire connaître l'amour de Dieu dont le Cœur de Jésus est le symbole par le biais d'un service d'Eglise qui serait l'éducation et qui formerait, pour le Cœur de Jésus, des « milliers d'adoratrices. » Mais il y a eu entre Sophie Barat et les enfants une vraie connivence que je voudrais vous présenter, car la relation qu'elle avait avec eux ne sentait pas l'effort. A travers les anecdotes que nous ont transmises ses contemporaines, en parcourant l'histoire qui nous a été léguée, je souhaite que nous puissions percevoir ce qui a fait vivre la fondatrice du Sacré-Cœur et ce qu'elle a à nous dire, à nous, religieuses et laïques, qui voulons tirer profit de son expérience et vivre de son esprit. Puisqu'elle était la dernière de la fratrie, la jeune Sophie Barat n'a pas eu à s'occuper de petits frères ou de petites sœurs. Dans sa jeunesse à Paris, sous le Directoire, elle s'est chargée de catéchiser des enfants et d'éduquer une petite fille du quartier du Marais où elle vivait. Lors de ses retours à Joigny, elle s'occupait de la même manière de ses neveux, fils et filles de sa sœur aînée Louise. L'un de ses neveux a raconté la douceur dont elle faisait preuve à cet égard. Dès son arrivée à Amiens, en 1801, elle a instruit des enfants. On raconte que lors de ses pérégrinations à travers la France du Premier empire, elle a accepté de convoyer des enfants qui devaient voyager sans leurs parents. Aux étapes, dans les auberges et chez les personnes qui l'accueillaient, elle se rendait proche des enfants à qui elle parlait du Seigneur. Ce sont ces contacts multiples et divers qui lui ont montré combien les enfants, garçons et filles, avaient besoin d'être éduqués, quelle que fût leur origine sociale.
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