Le Chapitre n’a pas commencé avec nous. Qu’il ne s’arrête pas non plus avec nous.
On dirait que nous sommes arrivées à un moment différent du Chapitre. Moins de personnes ont le temps de se rencontrer. Les corridors et lieux de réunion sont presque vides le soir. La plupart des gens travaillent en petits groupes, jusqu’à une heure avancée, essayant de mettre la dernière touche au fruit de nos cinq semaines de dialogue et de discernement avant de soumettre le document à une approbation définitive.
Nous savons aussi que nous sommes à la dernière semaine du Chapitre et beaucoup de nos conversations tournent autour du retour à la maison. Cath Lloyd nous a rappelé hier soir dans sa belle homélie que peut-être il y a encore des appels à entendre, des choses à dire, à guérir ou réconcilier. Ce n’est pas encore le moment du départ. A la prière ce matin, nous avons refait ce que nous avions déjà fait plusieurs fois au cours du Chapitre. Soutenues par un chant, nous avons marché autour de la salle, regardant chacune dans les yeux, saluant le don de sa personne et de sa vocation. Les yeux parlent tellement mieux de ce que nous avons expérimenté et vécu ensemble. Nous avons essayé d’écouter en profondeur, d’entendre la réalité de l’autre et le contexte d’où elle venait. Nous avons essayé d’être ouvertes à de nouvelles manières de comprendre. Nous avons lutté (et souffert) parfois en essayant de communiquer sans langue commune afin de nous faire connaître et comprendre, nous et nos réalités. Et bien sûr nous avons aimé. Ce matin, c’était de nouveau différent. Les facilitatrices ont eu du mal à nous faire quitter le lieu de la prière pour retourner au lieu du travail. Il y avait tant de choses à affirmer chez l’autre. On n’avait pas fini de s’embrasser, de se parler, de se regarder. C’est clair que nous étions encore là ! A plusieurs niveaux, il reste beaucoup à faire et plus profondément je voudrais ne jamais partir ! Qu’est-ce que cela veut bien dire ?
Au fond du cœur, je ne crois pas que ce Chapitre puisse ou doive avoir une fin. Il y aura une conclusion, nous aurons achevé le travail, mais ce ne sera pas la fin. Mercredi, nous allons partir, mais je prie pour que ce qui fait l’essence de ce Chapitre demeure. Je prie pour que ce que nous avons vécu ici - notre manière de dialoguer, prier, partager la vie – continue avec nos provinces, nos associés, nos collègues et collaborateurs, à travers nos réseaux et ceux que nous aurons à rencontrer. Je prie pour que tous les membres de notre famille du Sacré Cœur et de nos réseaux à travers le monde se rencontrent eux-mêmes avec leurs espérances et leurs désirs dans ce qui sortira du Chapitre. Je prie pour que des orientations nouvelles et plus fortes soient prises à partir de ce qui a commencé dans les provinces, qui a été mis sur la table internationale qu’était le Chapitre et que nous vous restituons maintenant. Le Chapitre n’a pas commencé avec nous. Qu’il ne s’arrête pas non plus avec nous.
Shelley Lawrence rscj
Province du Canada
|