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15-08-08

De la cabine de traduction

Translators

Martine Dupont rscj,
Miyako Namikawa rscj


Lorsque le Chapitre est assemblé pour discuter du dialogue interculturel, je vis depuis ma cabine de traduction, une expérience d’inter-culturalité sous la forme d’une “inter-mentalité”. Dès que quelqu’un s’approche du microphone, je commence à entendre une diversité d’expressions. Certaines débutent en disant : “je pense…”, d’autres : “je crois…” et d’autres encore diront : “je sens…”. Peut-être attribuons-nous notre capacité de traiter une expérience à la tête, ou au coeur, ou à nos sentiments ? J’essaie de voir si la structure logique de celle qui parle est linéaire ou circulaire (… ou peut-être d’une autre forme géométrique).

Translators

Miyako Namikawa, Clara Malo, Maryvonne Duclaux, Ysabel Lorthiois, Toya Gz. Castejón, Margaret Phelan

C’est un peu comme d’essayer de capturer le rythme de sa pensée ou de ses sentiments. Et au fur et à mesure que je poursuis la traduction, je découvre que je suis en train de rechercher des mots-clefs qui me donneront des indices quant à la mélodie de ses idées. Mais lorsque nous devons nous rendre seules dans les groupes de travail, les rythmes et les mélodies s’achèvent. Quand un groupe ne possède pas de langue commune, j’ai l’impression de jouer un soliloque pendant une heure et demie ; traduisant la question dans une langue, puis la réponse dans une autre, ainsi que les propos de la facilitatrice simultanément. A la fin de la séance, je sais à peine si j’existe encore. Au fil des jours, je sens que mon corps accumule une sorte de fatigue et je me dis que cela est naturel puisque je passe des heures à laisser les idées des autres s’écouler à travers ma tête et à laisser ma voix prononcer des mots qui appartiennent à tellement de personne différentes. Parfois, je ferme les yeux pour me concentrer et chercher les mots qui accompagneraient le mieux le sens du message que j’entends. Après tout, si l’inter-culturalité recquiert de se placer à côté de l’autre et d’assumer quelque chose de sa personne, alors écouter la parole prononcée est un “lieu de dialogue”.

 

Miyako Namikawa rscj

 

Dernière mise à jour : ( 15-08-08 )
 

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