Participez au Forum sur refugies et migrants
Le discours de nombreux gouvernements, en particulier dans les pays occidentaux, donne l’impression qu’ il y a aujourd’hui une montée irrépressible de réfugiés et de demandeurs d’asile, dont la plupart seraient en fait des migrants économiques, constituant une menace pour les communautés qui les accueillent. Mais cela n’est pas confirmé dans les faits. La situation réelle des réfugiés et des personnes déplacées aujourd’hui est beaucoup plus complexe, avec pour conséquence des millions de personnes marginalisées qui survivent privées de la protection de leurs droits humains élémentaires. Dans cet article, j’aborderai quelques uns des points clés concernant les réfugiés et personnes déplacées, et je soulèverai quelques questions qui demandent discussion.
En dépit de ce que disent les gouvernements, le nombre des demandeurs d’asile et des réfugiés est en réalité en train de diminuer. Cela s’explique en partie par certains rapatriements volontaires qui ont eu lieu récemment, par exemple vers l’Angola. Mais la principale explication pour cette diminution dans les nombres, ce sont les barrières dressées par les gouvernements qui ont des politiques d’asile de plus en plus restrictives, si bien que de nombreux réfugiés n’essaient même plus de demander le statut de réfugié et préfèrent vivre clandestinement comme migrants irréguliers.
Le nombre des réfugiés et demandeurs d’asile est donc en train de baisser, mais le nombre de migrants irréguliers/sans papiers augmente. Les réfugiés ont un statut légal et, du moins en théorie, quelques protections légales. Les migrants sans papiers n’ont pas ce statut ni cette protection et – étant donné cette absence de papiers – sont obligés de subir l’exploitation dans le travail et de fréquentes violations de leurs droits.
Les contrôles croissants de l’immigration empêchent les réfugiés et demandeurs d’asile de recevoir une protection. Par exemple, de nombreux gouvernements interceptent en mer les embarcations des migrants pour leur interdire d’entrer dans les eaux territoriales ou d’atteindre le rivage, avant même de vérifier si les gens à bord de ces bateaux sont en train de fuir la persécution. Lors de la crise politique en Haïti en 2004, les USA ont refusé que les bateaux transportant des fugitifs haïtiens touchent le rivage américain. Et il n’y a pas grand monde pour protester. Que fait-on de ce droit fondamental de chercher asile – inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ?
Les gouvernements sont en train de fermer les canaux légaux de l’immigration. Avec les exigences qu’ils imposent pour l’obtention d’un visa aux peuples dont les habitants sont le plus susceptibles de demander l’asile politique et avec les sanctions infligées aux compagnies de transport qui acceptent des passagers sans papiers, quelles options restent-elles aux désespérés qui veulent fuir leur pays, sinon l’immigration illégale ? C’est pourquoi ces désespérés finissent par payer des contrebandiers qui les aident à arriver dans un autre pays, au prix de voyages périlleux où ils risquent leur vie.
S’ils survivent au voyage, (et beaucoup ne le font pas) et s’ils ne sont pas interceptés en cours de route, l’accueil qu’ils vont recevoir risque d’être une cellule dans un centre de détention, étant donné la tendance croissante des gouvernements à criminaliser les violations des règles d’immigration et à recourir à la détention, au moment de l’entrée dans le pays comme dans les procédures de refoulement : la détention devient une arme de dissuasion à l’immigration clandestine.
Une autre tendance des gouvernements est de chercher à éluder leurs responsabilités vis-à-vis des demandeurs d’asile, en réglant les problèmes loin des côtes. Cela a commencé avec les USA qui ont relégué les demandeurs d’asile haïtiens à Guantanamo, a continué avec l’Australie qui a payé Nauru et la Papouasie-Nouvelle Guinée pour traiter ses demandeurs d’asile, et maintenant des gouvernements européens, comme le Royaume Uni, l’Allemagne et l’Italie finissent par proposer des camps de transit en Ukraine et Libye pour traiter leurs cas de demandeurs d’asile. Pourtant, les gouvernements ne peuvent pas sous-traiter leurs responsabilités en matière de droits de l’homme dans d’autres pays. C’est pratiquement une manière pour les pays riches de rejeter leurs responsabilités vis-à-vis des réfugiés sur des pays plus pauvres. En même temps, que peut-on faire pour décourager les gens de risquer leur vie aux mains de contrebandiers, tout en protégeant leur droit à demander l’asile ?
L’hostilité envers les réfugiés et les demandeurs d’asile est en train de croître, en particulier depuis l’attentat terroriste du 11 septembre 2001. Les réfugiés sont souvent présentés comme une menace pour la sécurité (même si aucun des terroristes du 11 septembre n’était un réfugié). Et ce n’est pas seulement la tendance dans les pays occidentaux/développés. Dans des pays d’Afrique et d’Asie traditionnellement généreux pour l’accueil des réfugiés et qui l’ont manifesté par le passé, les gouvernements ferment de plus en plus leurs portes et adoptent des politiques restrictives et xénophobes. Mais c’est encore dans les pays en développement que la majorité des réfugiés sont accueillis. A la fin de 2003, les chiffres du UNHCR montrent que 30% des réfugiés étaient accueillis en Afrique, 30% en Asie Centrale, en Asie du sud-ouest et au Moyen-Orient, 25% en Europe, 8% en Asie-Pacifique et 6% dans les Amériques.
De nombreux réfugiés vivent dans des situations qui se voulaient être une réponse temporaire à une crise immédiate. Ils se trouvent de plus en plus à vivre dans des conditions inhumaines, car les donateurs se fatiguent et les fonds pour des situations qui se prolongent diminuent. Plus de 7 millions de réfugiés ont traîné plus de 10 ans dans des camps de réfugiés sans aucune perspective de solution durable. Beaucoup sont dans des situations de quasi détention, privés de liberté de mouvement en dehors du camp de réfugiés. Le résultat est une pression exercée sur les réfugiés pour leur faire accepter un rapatriement « volontaire » qui est rarement soutenable. Comment le rapatriement peut-il être volontaire si le choix offert aux réfugiés est de rester dans les camps et mourir de faim étant donné la raréfaction de la nourriture, ou bien de rentrer chez eux ? Mais comment persuader les pays donateurs de continuer à donner les fonds suffisants pour des situations qui se prolongent sans aucune solution à l’horizon ? Tandis qu’on discute de cela, les réfugiés sont contraints de vivre dans des conditions inhumaines qui sont une menace pour leur vie, avec comme seule alternative un retour « volontaire » dans le pays d’origine avec des situations sans doute dangereuses aussi pour leur vie ? Quelles autres alternatives sont-elles proposées aux réfugiés, par exemple l’intégration sur place dans les communautés d’accueil ou bien la réinstallation dans un pays tiers?
Contrastant avec la baisse du nombre des réfugiés et demandeurs d’asile, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur des pays augmente dangereusement. Des situations comme au Soudan la crise humanitaire du Darfour montrent les abus auxquels ces gens peuvent être soumis quand ils sont déplacés à l’intérieur du pays, sans aucune protection internationale, souffrant de problèmes de protection encore plus graves que ceux de nombreux réfugiés. Que peut-on faire pour protéger ces gens que leurs gouvernements ne protègent pas ou qui même s’en prennent à eux ? Certains sont d’avis que la seule manière de protéger ces personnes déplacées sans protection est l’intervention militaire – toutefois les risques de ce genre d’interventions ne sont que trop manifestes, comme on le voit dans l’Irak d’après l’invasion. De telles « solutions » peuvent créer plus de problèmes et de déplacement que les situations qu’elles étaient supposées arranger. Pourtant la communauté internationale ne peut pas fermer les yeux et ignorer la souffrance des populations déplacées, comme celles du Darfour, qui n’ont pas réussi à franchir une frontière internationale.
Nous constatons donc, en 2005, que la situation des réfugiés et des personnes déplacées est plus complexe que les gouvernements ne le disent. Pourtant il y a des questions très fondamentales qu’il faut poser.
- Pourquoi tant de gouvernements des pays « développés » encouragent-ils l’hostilité envers les migrants alors que leur situation démographique est telle que leur économie a besoin des migrants pour se maintenir ?
- Pourquoi les gouvernements n’ont-ils pas mis en place des systèmes permettant aux gens d’émigrer légalement, dans la sécurité et la dignité ?
- Comment peut-on s’attendre à une baisse du nombre de personnes déplacées quand les causes qui sont à la racine de ces déplacements n’ont pas été résolues ?
Tant qu’il y aura de la pauvreté extrême, des violations de droits humains et des guerres, il y aura des déplacements. Que faire pour attaquer ces problèmes à la racine ?
Forum: Réfugiés et Personnes Déplacé
1. Politique, Pratique et Expérience
Qu’est-ce qui est fait dans votre pays pour promouvoir l’accueil des réfugiés, des demandeurs d’asile, des migrants, en respectant leur dignité ?
Dans votre pays ou votre entourage, quelles initiatives ont réussi à changer la politique et la pratique ? quels sont les obstacles ? quelle attitude concrète par rapport aux réfugiés, aux personnes déplacées et aux migrants a eu un impact sur votre action apostolique ?
2. Collaboration et Réciprocité
Comment pratiquez-vous la réciprocité et la collaboration avec d’autres groupes engagés dans un travail auprès de réfugiés, de personnes déplacées, de demandeurs d’asile et de migrants ?
Qu’avez-vous reçu de votre mission auprès des migrants, demandeurs d’asile, réfugiés ?
Cliquez sur une addresse pour traduire le texte dans la langue de votre choix: Systransoft.com, Freetranslation.com, Elmundo.es, Reference.com