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Province de Puerto Rico “Residencial” Manuel A. Perez, San Juan, Puerto Rico Le Projet éducatif « Découvrir ensemble & Cie » est une organisation de base de type communautaire. Notre mission : Promouvoir le développement intégral des enfants, garçons et filles, et de leur maman, à partir de programme socio-éducatifs qui présentent des alternatives de vie aux besoins qui sont les leurs. Une philosophie : « Découvrir ensemble & Cie » est une alternative de vie où nous formons une famille éducatrice qui désire alimenter, faire grandir et défendre la vie partout où elle est menacée, spécialement chez les enfants, garçons et filles, et leur maman. Comment est né ce projet ? Les membres de l’équipe racontent leur histoire : « C’est le besoin qui est à l’origine de ce projet. Nous sommes parties de la préoccupation qu’avait la province de se mettre au service des pauvres dans les endroits les plus déshérités de Puerto Rico. Nous voulions mettre en route un projet qui atteigne une communauté marginalisée. Une étude, au niveau provincial et des visites à différentes « Résidences* » nous ont fait découvrir qu’ailleurs, l’on propose davantage de services sociaux qu’à Manuel A. Pérez. | *A Puerto-Rico, une « Résidence » est un secteur assez vaste composé de nombreux bâtiments. Manuel A. Pérez est un des plus importants de l’île. Aujourd’hui, il représente l’un des quartiers les plus marginalisés de la société. C’est une population continuellement exposée à la maltraitance, à la violence physique ou morale, à l’alcoolisme, à la drogue et autres maux… La population de 120 enfants et leur maman, qui sont partie prenante des différents programmes proposés par le Projet, appartient à ce secteur social pourvu de peu de ressources financières et dont le niveau de scolarisation est très bas. 44% de la population de ce grand ensemble a moins de 19 ans et 56% est constitué de femmes. L’unique source de ressources pour 61% de la population provient du Gouvernement par l’Assistance Publique. La majorité des femmes sont chefs de famille, soit 74,41% des foyers. Quant au plan éducatif, le niveau de scolarisation est très bas, l’infrastructure de l’école publique se dégradant tandis que les groupes par niveau de classes sont de plus en plus nombreux pour un seul professeur. 51,86% des habitants de plus de 19 ans n’a pas atteint les études supérieures. 12,30%de la population en âge d’être scolarisé se situe hors de toute école. | La première étape a consisté à faire une analyse de la réalité de la « résidence » à partir de la méthode « voir – juger – agir ». Nous avons visité les différents bureaux du quartier, l’école publique du lieu, les foyers, et nous avons assisté à plusieurs réunions organisées par le conseil de la communauté locale. Peu à peu, nous avons ainsi réalisé que la population qui avait le plus besoin de notre aide était le secteur des enfants et de leur mère. En même temps, nous prenions conscience que le travail à réaliser allait bien dans le sens de l’éducation. En examinant la situation concrète vécue par la « résidence », nous avons constaté que les enfants sont affrontés à une situation très difficile dans leur propre foyer. La plupart d’entre eux vivent avec un vague parent et l’absence d’image paternelle est évidente. Le niveau scolaire est très faible et l’on repère un grand nombre d’enfants ayant une déficience importante au niveau de l’attention. La situation de l’école élémentaire voisine est mauvaise. Il suffit de considérer l’aspect extérieur des bâtiments. Chaque groupe de niveau est constitué d’au moins 25 enfants parmi lesquels il faut compter des élèves relevant d’un enseignement spécialisé. Familles éclatées, école inefficace… Après un premier semestre de visites et de prises de conscience, nous avons proposé au Conseil de résidents et à l’Administration locale de mettre sur pied un programme de renforcement des cours et du soutien scolaire, du lundi au jeudi, de 15h. à 19h. L’aide proposée est individualisée : par jour, nous recevons jusqu’à trois groupes d’enfants rassemblés selon leur niveau scolaire. Nous offrons aussi un service de bibliothèque et d’aide à la réalisation de projets scolaires. Ce travail a commencé à se réaliser par groupes peu nombreux et dans des locaux prêtés. Le nombre des participants n’a pas cessé de croître : 45 en 2000, 120 en 2003. Le cadeau d’une caravane et l’autorisation accordée par l’école élémentaire pour l’installer dans un coin de sa propriété nous ont procuré un emplacement qui est rapidement devenu « nôtre » ; il s’est aujourd’hui bien développé grâce à l’apport de deux caravanes et d’une cour cimentée. Actuellement, nous comptons sur l’inscription de 120 élèves distribués dans les six divers niveaux. Une équipe de travail de neuf personnes : six institutrices et quatre rscj. Nous comptons aussi sur l’aide bénévole de nombreuses personnes intéressées par le projet : elles y voient une nouvelle manière d’éduquer. Nous nous appuierons aussi sur l’indéfectible soutien des parents qui se laissent de plus en plus gagner par le projet. Notre finalité … - Promouvoir un processus éducatif pour les enfants, garçons et filles et leur mère, afin qu’ils prennent peu à peu conscience de ce qu’ils sont, reconnaissant leur dignité, découvrant leurs capacités et prenant eux-mêmes les décisions qu’ils ont à prendre.
- Grâce aux différents programmes offerts par l’organisme « Découvrir Ensemble », nous cherchons à favoriser une éducation transformatrice à partir de laquelle chaque enfant et sa mère, considérés dans toute leur dimension individuelle et sociale, deviendront le centre même de l’éducation.
- Au moyen de ce service éducatif, nous tendons à ce que chaque personne s’ouvre à la vérité, à l’amour et à la liberté et qu’elle découvre le sens de sa vie.
- Nous voulons que chaque enfant et leur mère collaborent d’une manière créative à la transformation de leur environnement et, très concrètement, par le renforcement de la cellule familiale.
Nos objectifs … L’organisme « Découvrir Ensemble & Cie » présente l’intérêt de constituer une alternative réelle pour les familles de la « Résidence Manuel A. Pérez. C’est pourquoi nos programmes ont les objectifs concrets suivants : - Promouvoir une formation humaine, scolaire et communautaire.
- Promouvoir la créativité, accroître le plaisir et le désir d’étudier.
- Lutter contre l’absentéisme scolaire dès le plus jeune âge.
- Encourager une pédagogie de la non-violence.
- Vivre une étroite collaboration avec les parents, les mères de famille, les instituteurs,, les écoles et les bénévoles, en favorisant une solidarité mutuelle en faveur de l’enfance.
- Encourager le dialogue et l’unité de la famille, prévenant ainsi la maltraitance et la violence.
Pour atteindre cette finalité et ces objectifs, le projet met en place différents services: Un programme de soutien scolaire dans les différentes matières enseignées : C’est un lieu où l’élève peut trouver un soutien humain et les outils nécessaires pour son apprentissage Un programme de Ludothèque : Il est ouvert le vendredi de 15h. à 18h. C’’est un espace de jeux éducatifs où l’enfant continue à développer ses facultés motrices, scolaires et intellectuelles. Chaque élève y trouve la possibilité de développer ses aptitudes à la création et à la socialisation grâce à des ateliers de formation humaine, de relations familiales, de travaux manuels, de cuisine, d’art et de sports. Un programme destinés aux mamans éducatrices : Il cherche à donner une formation et des moyens pédagogiques aux mères de famille. Parmi les ateliers offerts, on relève celui qui touche à l’estime de soi-même, aux Droits humains, aux valeurs, aux habitudes de travail et de réflexion, au rôle des parents dans l’éducation de l’enfant. Il comprend aussi divers ateliers manuels. Un programme destiné aux bénévoles : Ce programme a pour objectif l’accroissement de la sensibilité et du sens de la solidarité avec le monde des enfants. Il recrute différents types de membres de la communauté, des écoles environnantes et de divers quartiers pour assurer un service concret en faveur de nos enfants. | En écho : Réflexion d’une étudiante, Oneida I. Matos Adorno de la Faculté d’Education, Université de Puerto Rico Cette expérience de ce camp de travail a beaucoup contribué à mes progrès sur le plan personnel et professionnel. Il est certain que les expériences vécues, la satisfaction d’aider les autres et la responsabilité que j’ai, comme étudiante, d’accomplir ma tâche, sont bien le fruit de ce travail. Cette expérience m’a placée face à trois réalités lourdes de préoccupation : la corruption de notre système éducatif, la situation familiale où se développent les enfants, garçons et filles, de notre île et la question de la santé mentale, tant celle des enfants que celle des membres de leur famille. Le manque de livres et de fournitures, l’incompétence des professeurs et le détournement des ressources sont quelques-uns des nombreux problèmes dans lesquels s’enfonce notre système éducatif ; problèmes qui contribuent à la corruption et à l’échec de tous nos progrès comme peuple, VU QUE TOUT PEUPLE QUI N’EST PAS EDUQUE NE PROGRESSE PAS. Malheureusement, la conjoncture familiale dans laquelle se trouvent nos enfants n’aide en rien ce processus éducatif. La plupart des enfants viennent de foyers où ils ne trouvent aucune aide scolaire : en effet, leurs parents, pour la plupart, n’ont aucune préparation en ce sens et, de plus, ils n’assurent pas à leurs enfants l’appui et l’élan auxquels ils ont droit. Des mères célibataires, des grand’mères entourées de petits- enfants à élever, des enfants élevant d’autres enfants, les abus, la maltraitance, l’alcool, la drogue : tel est l’ambiance dans laquelle se développent ces enfants qui ont tant besoin de quelqu’un pour leur donner du courage et les aider à avance… Il est impressionnant de prendre conscience du nombre élevé des problèmes d’apprentissage scolaire que connaissent nos enfants et de prendre acte du fait que plus de la moitié d’entre eux ne seront pas traités comme il est dû à des enfants. Si nous ajoutons à cela les maladies et l’état mental dont souffrent les parents et autres membres de la famille, nous nous trouvons devant un tableau assez pénible dans lequel nous avons à travailler et à nous débrouiller comme éducateurs. Telles sont les impressions que j’ai retirées de l’expérience du camp vécu dans l’organisme « Projet Educatif Découvrir Ensemble & Cie ». L’expérience a contribué à faire tomber mes préjugés contre ces « résidences » et m’a fait adopter une nouvelle attitude face à la vie ; en effet, tous ces enfants, malgré l’environnement sombre qui est le leur, t’apportent chaque jour la récompense du large sourire qui illumine leur cœur. | Actuellement, ce programme est sous la responsabilité du Prof. Carlos Ramirez de la Faculté d’Education de la Commune de Rio Piedras. Sœur Madeline Ortiz et le Prof. Ramirez coordonnent les expériences de ces jeunes qui entreprennent leur formation d’éducateurs. Le Programme touchant le bénévolat donne l’occasion d’offrir aux volontaires une formation propre à assurer un meilleur service de l’enfance portoricaine. Deux jeunes de la même communauté sont aussi actuellement nos collaboratrices dans ce projet ; elles nous aident tant dans les travaux propres au bureau que pour les devoirs des enfants. Elles sont entrées dans le projet en 6ème cours. Au terme de trois années de fonctionnement, nous avons constaté que le Projet répond aux besoins socio-éducatifs de cette communauté et qu’il donne des résultats positifs dont nous sommes fières d’en présenter quelques-uns : Bon nombre d’enfants ont amélioré leur niveau scolaire depuis leur entrée dans le Projet. Le changement d’attitude des participants est visible. Ils font beaucoup plus appel au dialogue pour résoudre les conflits. Les parents accueillent chaque jour davantage le projet comme étant le leur et leur participation active aux différentes activités les enchante de plus en plus. Nous constatons une amélioration dans la qualité des relations entre parents et enfants. Enfin, le bruit a couru que « ici, il se passe quelque chose de bon ». La Communauté de la « résidence » est très reconnaissante et elle le manifeste de manière concrète : tous ceux qui le peuvent viennent aider pour l’entretien des locaux, comme ils l’ont fait pour préparer la rentrée scolaire. « Les changements qui surviennent chez les enfants se répercutent à la maison. S’ils changent un peu, la famille change aussi. Les mamans nous supplient de continuer à ouvrir les ateliers manuels, car elles y trouvent le temps d’échanger entre elles et un lieu où elles peuvent vider leur trop plein » Un projet qui répond aux exigences du Chapitre 2000… C’est un projet de collaboration avec des laïcs et avec d’autres institutions. Beaucoup de nos Anciennes élèves nous apportent leur aide de diverses manières. Des liens se sont créés entre Collèges comme St Ignace et le Collège Portoricain, et avec des Institutions comme le Musée des Beaux-Arts. Ces liens nous ont permis de recevoir et de donner et surtout, d’élargir l’horizon de tous ceux qui participent à ces échanges. Le Projet est, en vérité, un projet d’éducation transformatrice, projet qui construit l’unité entre les personnes et les classes sociales. Les institutrices expriment ce que signifie pour elles la participation à ce projet. Voici leurs propres paroles : « Nous avons des rencontres sur le thème de la vision éducatrice de Madeleine Sophie. Ce que nous y apprenons correspond à ce que nous vivons ». « Je ne vais pas changer toute la « Résidence », mais j’ai un groupe dont je m’occupe beaucoup, même s’il n’est composé que de deux à trois personnes : je vais sauver quelque chose de ce que vit ici la population. » « Je sais que l’action que je mène est en train de porter du fruit ». « Nombreux sont les enfants qui ne reçoivent aucune tendresse dans leur famille. Ici, ils reçoivent tout ce qui touche à l’enseignement, mais bien plus encore amour et tendresse ». « Ce que nous apportons : affection, compréhension, le souci que les enfants prennent conscience de leur valeur et celui de les aider à devenir des personnes ». « Les enfants accèdent au sens des valeurs. Ils s’entraident ». « C’est un travail très enrichissant. Ici, il existe une équipe de travail et nous recevons une formation sérieuse. C’est ma seconde maison ». « Mon salaire serait plus élevé dans une école, mais les instituteurs y travaillent pour de l’argent et non pour les enfants ». « Un autre poste ne me comblerait pas, même si j’y gagnais plus d’argent ». « Ici, c’est un lieu d’accueil où la race, la couleur ni aucune autre considération ne compte. C’est ce que l’on remarque, tant chez les sœurs qu’en nous-mêmes ». « Les sœurs nous ont montré comment on peut apprendre à partir du jeu ». « Les enfants disent :’Ici, on ne nous attrape pas‘. Ils sont regardés comme des personnes. On exige qu’ils travaillent, mais avec affection ». L’avenir ? Nous voulons continuer à travailler, en améliorant toujours plus notre travail : - Augmenter en nombre d’enfants, non ; apporter une plus grande qualité, oui.
- Atteindre les familles.
- Mobiliser les mamans.
- En outre, nous voulons faire quelque chose pour les jeunes. Bien des élèves, qui ont participé au programme de soutien scolaire, cherchent, lorsqu’ils entrent dans la classe supérieure, à nous aider auprès des plus petits. Nous aimerions constituer des groupes d’adolescents pour leur apporter une formation humaine.
Un souci demeure quant à l’avenir du projet : « Que se passerait-il si les Sœurs nous quittaient et partaient ailleurs ? » Une des institutrices répond tout naturellement : « Moi, je suis prête à continuer à porter le projet ». A quoi les sœurs répondent avec enthousiasme : « Nous vous formons pour que vous assumiez vous-mêmes le projet avec notre aide et notre confiance. » (Ref : Original en espagnol) |