Zoom: Main dans la main pour la vie Version imprimable Suggérer par mail
01-05-04
Barrio Libertad
Proyecto Moreno

Traduction de Inès


Mon expérience dans cette région, il m’est difficile de l’exprimer avec des mots, et encore plus difficile de dire combien ma vie a été transformée par les gens d’ici. Je suis arrivée pour la première fois à Fortin Olmos, au nord de Santa Fe, avec le désir de transformer la façon de vivre d’ici.

J’ai atterri dans cette brousse, pleine du désir de travailler ; j’ai rencontré une culture qui m’était inconnue, et je n’avais pas la moindre idée de la transformation qui s’en suivrait pour moi.

Les pauvres dont parlait Jésus, ceux qu’Il défendait, ils devinrent peu à peu : des noms, des histoires, des visages et ils sont entrés dans ma vie et m’aident à grandir à grandir.

Ainsi maintenant, jusqu’à la fin de l’année, je peux participer à certains projets qu’accompagne la communauté des sœurs de Fortin Olmos. Je continue de découvrir ce Jésus pauvre qui m’invite à Le suivre, assis dans un ranch en adobes, sans bruit, partageant le mate.

La joie qui m’a habitée quelques années auparavant m’habite toujours, mais pas de la même manière ; aujourd’hui j’éprouve le besoin que nos vies, celle des gens et la mienne, se rencontrent et puissent se partager, à partir de ce que je suis et de ce qu’ils peuvent me donner. Je reçois comme un cadeau les richesses petites ou grandes de leur vie et elles donnent du sens à mon expérience personnelle.

A travers la vie des pauvres, Jésus m’apparaît toujours comme le Maître qui m’enseigne de la manière la plus simple. Même si bien souvent il m’est difficile de Le suivre, les pauvres et Jésus, en douceur, trouvent toujours le moyen de changer mon cœur.

Inés Cánepa

Ce projet s’appelle… plutôt : il naît ou prend forme à partir d’un regard sur le réel…à partir de notre désir de répandre notre charisme et notre spiritualité.

Ce regard sur le réel nous parle du vide… et du non sens de la vie de beaucoup de jeunes…il nous parle aussi de la vie menacée et sans horizons, qui est celle des exclus et des pauvres, de plus en plus souvent.

Nous croyons que l’amour exprimé par le service est une des manières d’alimenter, de faire grandir et de défendre la vie dans les situations où elle est menacée.

Nous croyons et nous parions pour l’amour et la solidarité comme force transformatrice dans la construction d’une société plus juste, fraternelle et solidaire.

Ce projet cherche à répondre aux inquiétudes de certains jeunes qui veulent agir pour leurs semblables en s’employant dans un service, en collaboration avec d’autres.

C’est pourquoi nous ouvrons des projets d’éducation populaire, lancés par les Sœurs du Sacré Cœur à la campagne aussi bien qu’à Buenos Aires et en Uruguay, pour que les jeunes y prennent leur place, qu’ils y participent en s’engageant selon leurs talents, selon leurs dispositions en temps et selon leurs possibilités.

L’engagement qu’ils assument peut être pour une semaine, pour quinze jours ou pour un an, ou encore comme volontaires pour une durée de 6 mois à un an, ils partagent alors la vie d’une de nos communautés.

Dans ce Projet nous articulons l’éducation populaire, le travail avec les jeunes et l’éducation formelle, puisque cette proposition est faite aux jeunes de nos collèges d’Almagro, de Villa Jardin, principalement au corps enseignant d’Almagro.

Un aspect important à souligner, nous semble-t-il, c’est l’identité. En effet il existe aujourd’hui une infinité de volontaires, chacun a un objectif qui lui est propre…Il nous semble important de présenter aux jeunes la pertinence de la spiritualité du Sacré Cœur, dont la mystique accompagne le travail du volontariat.

Dans cette optique nous voulons entreprendre un accompagnement personnel et de groupe auprès des volontaires ; nous voulons mettre l’accent sur l’intégration de la foi et de la vie.

C’est pourquoi nous sommes convaincues que le travail du volontariat n’est pas un élément de plus sur l’éventail des propositions parfois offertes aux jeunes d’aujourd’hui, mais c’est un espace où des personnes trouvent peu à peu leur intégration, où Jésus et son Projet sont comme le nord et l’essieu. Aussi nous offrons des propositions d’oraison, de réflexion et de formation où on peut recueillir l’expérience du volontariat.

Actuellement ce projet, commencé en Mai 1999 à Buenos Aires, se développe aussi dans différentes régions à l’intérieur de l’Argentine et en Uruguay, là où les Sœurs ont des communautés.

Valery Jacques rscj


Un partage de mon expérience à Campanas :

Comme puis-je résumer tout ce que j’ai vécu pendant les cinq mois de mon volontariat à Campanas !!! Impossible de décrire combien cette expérience a changé ma vie, il y a un avant et un après.

Je suis arrivée à la Rioja pleine de questions et de curiosité sur ce que j’allais trouver, les gens que j’allais rencontrer, les enfants du centre, la communauté de sœurs avec lesquelles j’allais vivre, etc. J’étais déjà préparée, Valery m’avait déjà présentée à deux des sœurs de Campanas, on m’avait montré les photos et donné le matériel pour que je connaisse quelques unes des coutumes des habitants, mais j’étais un peu inquiète, c’est normal. Je suis partie vers mon nouveau foyer après avoir passé une semaine avec deux de mes sœurs dans une rencontre d’éducation populaire qui se déroulait à Santa Fe ; mais il me fallait encore connaître les deux autres. Jamais je n’oublierai l’accueil. C’était vers les trois heures du matin et elles nous attendaient avec l’inévitable petite soupe de toutes les nuits ! Je ne pouvais pas croire que j’étais arrivée enfin, après tant de préparatifs ! Le lendemain en me levant j’étais très surprise de ce qui s’offrait à mes yeux ; le rideau obscure qui semblait entourer la maison, la nuit précédente, s’ était transformé en coteaux impressionnants, très colorés et couverts de chardons, c’était incroyable. Je me suis sentie vraiment très petite devant un tel paysage. Ce qui a retenu mon attention aussi ce fut un magnifique silence.

Dès le premier instant je me suis sentie « chez moi », très entourée. A Campanas le centre en activité s’appelle Mon Nouveau Rêve, pour des enfants et des jeunes qui ont d ‘autres capacités. Il marche trois jours par semaine et est fréquenté par des jeunes de tous les villages des alentours. Nous formons une grande famille et il y règne un excellent climat entre les moniteurs, les parents et les jeunes. Pour l’instant je travaille en deux roulements successifs. Le matin le centre est un point de rencontre pour le groupe des jeunes , ceux-ci réalisent des travaux d’artisanat, ont du soutien scolaire, de l’éducation physique et, bien entendu, des activités folkloriques. Si vous voyiez comme ils dansent bien ! La première fois que je les ai vus, je ne pouvais pas le croire, ils étaient beaux avec leurs costumes et ils dansaient comme jamais.

L’après -midi est réservé aux plus petits, le centre se remplit de bruit, de rires et de temps en temps, de pleurs. Leurs activités sont les mêmes, avec en plus : des jeux , des spectacles de marionnettes et des chants.

Je garde tant de visages gravés dans mon cœur, c’est incroyable l’affection qu’ils m’ont témoigné dès le premier instant, et non seulement les enfants mais aussi toutes les personnes du centre. Je suis ravie de voir le travail qui se fait en équipe ; tous, là où ils sont, travaillent pour que chaque enfant donne le maximum de ses possibilités. A propos de ce centre , j’ai des milliers d’anecdotes à raconter et beaucoup de souvenirs , beaux comme les enfants ; par exemple quand nous sommes allés au village pour collecter des feuilles pour faire nos travaux, nous chantions très bas dans les rues à l’heure de la sieste, ou pendant « la semaine des handicapés » ou quand nous organisions une campagne : le centre fonctionnait à plein rendement pour faire des affiches que nous allions coller ensuite dans les endroits les plus fréquentés du village. Beaucoup d’évènements me reviennent en mémoire, depuis les grillades, les diverses activités, les goûters que l’on prenait ensemble jusqu’à la fête de fin d’année.

C’était magnifique de voir leurs progrès et leurs réussites ; je crois que, malgré les moments difficiles, tout cet effort en valait la peine.

Ce qui m’a profondément marqué aussi, ce fut la relation avec les gens des villages et leurs modes de vie, si différents des nôtres. Que c’est bon de marcher dans la rue et de saluer tout le monde ! Une fois je suis allée faire un achat au coin de la rue et cela m’a pris une heure parce que je me suis arrêtée plusieurs fois prendre le maté que les voisins m’offraient sur le pas de leur porte. Les gens sont tous aimables et accueillants ; pendant ce séjour ils m’ont fait sentir que j’étais des leurs.

Le retour fut difficile, mais je suis revenue enrichie et reconnaissante pour tout ce que j’avais vécu ; jamais je ne regretterai la décision que j’avais prise et sans hésiter j’aimerais retourner là-bas.

Je reste en contact pour prolonger ces moments inoubliables, auprès de ce peuple que j’aime tant. Je crois que ce fut une magnifique expérience que ce volontariat. Il me reste à vous dire que si l’occasion se présente pour vous profitez-en !

Julieta Blanco

Dernière mise à jour : ( 19-05-06 )
 

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