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05-05-08
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Sanya community
Sanya homeless
Kin Tanabe rscj and Sueko Nomi rscj
Kin Tanabe rscj et Sueko Nomi rscj à la
porte de leur maison à Sanya

photos : communauté de Sanya et
Lolín Menéndez rscj

Vivre à Sanya

Tokyo, Japon

Sanya était le nom d'une ville dans une partie très ancienne de l'agglomération de Tokyo. Officiellement, cette ville n'existe plus, mais le lieu qui porte aujourd'hui ce nom est connu comme ville des sans abris. Il y a beaucoup de petites auberges qui accueillent les ouvriers du bâtiment. Quand ils ont du travail, ils peuvent y loger, mais s'ils sont trop longtemps au chômage, ils ne peuvent plus se le permettre. Alors ils s'installent dans la rue. Et probablement parce que beaucoup de monde vit dans la rue, les sans abris des autres quartiers de Tokyo ou d'ailleurs viennent les rejoindre. Sanya n'est pas une vine particulièrement pauvre. Ce sont des gens ordinaires qui habitent là et travaillent. Il y a beaucoup de magasins, de petites usines et de maisons, et la vie est normale. Mais en même temps il y a les sans abris.

En 1990, la province du Japon a ouvert une petite communauté insérée à Sanya. Keiko Hasegawa, une rscj qui avait eu une expérience extraordinaire de rencontre avec un homme de la rue, était persuadée qu'il nous fallait vivre à Sanya si nous voulions aider les sans abris de ce quartier. Il ne suffisait pas d'y aller tons les jours. Accueillant son désir et son charisme, la province loua une petite maison de style japonais dans une galerie marchande. Keiko a vécu en communauté avec des religieuses d'autres congrégations les trois premières années, puis une communauté du Sacré-Coeur s'est installée. Keiko travaille depuis le début avec le Centre pour alcooliques des Pères de Maryknoll, qui aide ceux qui sont en cours de réha¬bilitation avec le mouvement " Alcooliques Anonymes ». Il y a en effet beaucoup d'alcooliques parmi les sans abris, car la boisson est le principal et peut-être seul moyen de survivre quand on est dans la rue. Ces hommes ont tout perdu, non seule¬ment leur travail, leurs biens, leurs familles, mais aussi la dignité humaine qu'ils méritent.

Je suis arrivée dans la communauté de Sanya en 1995, quand j'ai cessé d'être maîtresse des novices. Il y avait une chambre disponible et j'étais très heureuse de venir. Je suis la depuis ce moment, a part le temps des deux probations que j'ai dû récemment accompagner. Nous sommes trois religieuses dans la communauté. Je ne fais pas grand chose de particulier avec les sans abris, à part une aide occasionnelle dans les activités organisées par les Frères Missionnaires de la Charité. Vivre à Sanya toutefois me met en contact direct avec la réalité de la pauvreté humaine et de l'injustice, dans lesquelles un nombre incalculable de per¬sonnes est contraint de vivre dans le monde aujour¬d'hui. Jésus est présent parmi elles, c'est certain. Son Cœur plein de compassion et d'amour reste ouvert (s'ouvre encore) pour ceux qui vivent dans l'exclusion et le dénuement. C'est toujours pour moi un défi d'être affronte à cette réalité. Bien que je ne puisse rien faire, j'ose rester là et le cœur me fait mal. Habiter ce quartier nous oblige à mener une vie très simple et nous aide à regarder notre réalité avec honnêteté. Comme communauté, nous prions ensemble et nous partageons nos expé¬riences et réflexions quotidiennes. Nous avons chaque jour l'Eucharistie avec un prêtre francis¬cain qui vit aussi à Sanya, avec les Frères Missionnaires de la Charites, un couple de voisins et un ou deux autres amis. Apres la lecture de l'Evangile, nous partageons, chacun a notre tour, nos réflexions et nos expériences. Cette prière quotidienne d'une communauté engagée ensemble en quelque sorte sur ce lieu particulier, est pour nous source de vie.

Notre spiritualité du Sacre Cœur peut prendre bien des formes. La vie à Sanya, en contact direct avec la réalité de l'injustice et de l'inhumanité dans Le monde, nous fait souffrir de notre incapacité et de notre propre misère. Je crois que c'est une expression possible de notre spiritualité aujourd'hui. C'est pourquoi, nous devons sans cesse approfondir notre regard contemplatif sur le Cœur du Christ et le cœur de l'humanité. Cela nous demande d'adhérer au Christ avec le Père, et de nous laisser guider par l'Esprit dans la prière et le discernement. C'est un appel toujours nouveau et un défi constant, mais le Cœur ouvert du Christ est avec nous dans cette réalité complexe.

Tanabe Kin rscj
province du Japon


Dernière mise à jour : ( 07-05-08 )
 

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