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Chaque année, au moment du Carême, le CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) lance de nouvelles campagnes pour lutter contre la faim. De quoi s’agit-il ? Beaucoup d’autres organismes ont cet objectif. C’est ce qui nous a été expliqué dans le cadre de la rencontre annuelle CCFD- Congrégations.
Au début des années 60, différents services d’Eglises, des mouvements internationaux décident de répondre ensemble à l’appel lancé par la FAO (organisation pour la nourriture et l’agriculture), relayé par Jean XXIII. Le Comité Catholique contre la Faim naît ainsi en 1961. Très vite il apparaît que la lutte contre la faim ne peut aboutir que par le développement des populations concernées. En 1966, on rajoute : « pour le Développement. »
L’encyclique Populorum Progressio en 1967 donne un grand souffle à cette aide au Tiers Monde. C’est ainsi en effet que le démographe Alfred Sauvy nomme les pays dits « en développement », calés entre le Capitalisme à l’Ouest et le Socialisme à l’Est. Bien que le bloc socialiste se soit effondré à l’Est, la planète est passée de 2,5 milliards d’habitants en 1950 à 6,5 milliards aujourd’hui, ce qui contribue à augmenter considérablement les besoins et à revoir continuellement ce qu’est le développement.
Aujourd’hui le CCFD est une association reconnue d’utilité publique. Il regroupe 28 mouvements et services d’Eglise. Il est structuré en France en 99 délégations diocésaines. C’est l’ONG française la plus importante.
Tous les 5 ans environ le CCFD élabore un nouveau Rapport d’Orientation. Ce rapport permet de renouveler l’esprit qui inspire les différentes actions. Mr Bernard Pinaud, directeur de la vie associative au CCFD, nous a présenté ce rapport qui oriente les actions de 2008 à 2012.
Il faut d’abord réaffirmer l’identité du CCFD : il se base sur l’Evangile, Vatican II et la doctrine sociale de l’Eglise. Son originalité : comme les autres ONG, il prône la solidarité, le partenariat, le respect des Droits de l’Homme, mais sa source c’est le Christ qu’il reconnaît en chaque homme et surtout dans le plus pauvre. Sa destination, sa finalité, c’est aussi le Christ. (Mt 25).
Dans les 4 ans à venir : 2 orientations qui tiennent compte de l’évolution du concept de développement dans un contexte de mondialisation :
- garantir l’accès aux droits de l’homme et à leur respect. Pas seulement «la réponse aux besoins » mais « l’accès aux droits ». Pas seulement donner un logement mais que le droit au logement soit opposable. Il faut que les droits économiques, sociaux et culturels soient opposables.
- susciter la création de richesses et favoriser leur juste répartition. Beaucoup de grandes inégalités aujourd’hui entre les pays et dans les pays.
Ces 2 grandes orientations se déclineront en 6 grandes thématiques :
- la prévention et la résolution des conflits.
- la souveraineté alimentaire.
- la mise en œuvre d’une économie sociale et solidaire.
- les migrations internationales.
- le partage des richesses financières.
- l’évolution des rapports homme/femme pour plus d’égalité.
Ces thématiques seront mises en œuvre au moyen de différents objectifs : par exemple le CCFD veut élargir son public : paroisses, jeunes quartiers populaires… aussi : développer la vie associative…
Il peut être intéressant de vérifier ces nouvelles orientations dans les actions qui nous sont proposées. Le Carême est également un bon moment pour revisiter nos styles de vie et voir s’ils sont en accord avec le souci du développement de « tout homme et de tout l’homme ».
www.ccfd.asso.fr (Français, English, castellano)
Françoise de Chezelle rscj
province de France
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