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Hamburg: How I learned to appreciate simple things in life
Martina Ulrichs,
student of the Sophie Barat Schule, Hamburg, spent three weeks in a
school for handicapped children for her work experience. This is how
she describes her experience:
When we had to make our
choice, where to spend our three weeks of work experience, my first
choice was this school because I never had the possibility in life to
work with handicapped people. And, to be honest, I did not know a lot
about them, apart from my awkward feeling whenever a handicapped person
entered the bus.
After another girl and I had an interview
with the headmaster and visited the school facilities, I started to
doubt if I would be able to work there, although everybody was very
friendly towards us.
However, my first day of school was
surprisingly positive. The children were between 10-14 years old. There
were two educators and one young men doing community service taking
care of 10 children.
When I entered the classroom I was
confronted with amicable curiosity and bombarded with questions about
me and my stay. There was no day when I did not have to answer these
questions. After a few days I felt at ease and after a week I was part
of the community (an own mug in the kitchen included!).
My main task was ?to be simply there?, hence, to play with the children and be an additional person to contact. After a very short time I
got attached to the children. I even lost my fear towards those, who
lived in there own little world, like, for example the children with
autism, who sometimes tend to hit. I learned the dimensions of a simple
smile or a stroke as well as how tiring it can be to be cuddled by four
girls at the same time during break.
I also realised the importance of the school, which I was not aware of before starting to work there. For most of the children it substitutes the daily domestic life. They learn things parents should teach them, like, for example, going shopping, using public transport, having a meal together.
Most of the children come from poor social circumstances and partly
have difficulties to be accepted at home. Some parents are even ashamed
of their children. The teachers told me, that Lena (name changed) was
?allowed? to eat in her room, whenever guest were around.
Many
parents live from welfare, have alcohol problems or are as well
handicapped or have poor knowledge of German. The latter was actually a
serious problem. It is already difficult enough trying to explain
something to a mentally handicapped child; language barriers do not
facilitate it. Of course there are also parents who do support and
protect there children, which should be normal but in this case is a
real blessing.
An experience which personally broke my
heart and which will stay in my mind forever, was what the parents of
Tobias (name changed) did to him. Tobias lives in a children?s home. He
is an extremely lively 10-year-old boy, which is suffering from a very
light mental handicap, which basically influences his concentration.
The doctors cannot explicitly define the handicap, as it is the case
with most of the children. His father used to forbid his children
everything which pleased them and threw them out of the house
occasionally. Finally the ministry for youth interfered. Now, only
three of nine children live still at home. Since he lives in the
children?s home Tobias seems to be happier. However, the fear in his
eyes whenever he sees his father is striking. What shocked me most was
that no one of Tobias? siblings was born handicapped. The extreme
psychological pressure and wrong up-bringing caused the mental
handicap. The ?social? part of my work was not the handicaps but the
individual destinies. In my little perfect world I never had to
experience sexual abuse or lack of acceptance within the family.
Each
and every handicapped child itself was such an interesting personality
that one could have been entertained with them all the time. One no longer saw a person with a disability but a person who would not be the same without this disability. No one loves you more unconditionally than a handicapped child. It is tragic, that this unconditional love is not always given back in return.
Through this work experience I learned to appreciate my parenthood and
not to take it for granted. Moreover, I learned to appreciate the
simple things in life.
My fears in the beginning were completely without any reason.
Hamburg: Appris à me réjouir des plus simples choses
Le
projet éducatif de la Sopie-Barat-Schule Hamburg implique un stage
social obligatoire, à effectuer dans un hôpital, un foyer pour
personnes âgées, un centre pour personnes handicapées ou une autre
institution du secteur social. Martina Ulrichs a fait son stage social de trois semaines dans une école pour enfants handicapés en 2001. Voici son témoignage:
Lorsque
nous avions à choisir une place pour le stage social, j'ai choisi cette
place-là en première option, car jusque-là, je n'avais jamais eu
l'occasion de travailler avec des handicapés. Et pour être sincère, je
ne savais presque rien sur eux, sauf que je me sentais toujours un peu
maladroite, quand un handicapé montait dans le bus, parce que je ne
savais pas comment me comporter.
Après l'entretien avec le
directeur et la visite de l'école, j'ai eu des doutes si je réussirais,
bien qu'on fût très gentil avec une autre stagiaire et moi.
Ma
première journée à l'école s'est passée agréablement, malgré mes
attentes. Les enfants avaient de 10 à 14 ans. Dans la classe, il y
avait encore deux éducatrices et un jeune qui faisait son service
social (note du traducteur: en Allemagne, les jeunes objecteurs de conscience passent, en général, un service social).
Quand
je suis entrée dans la classe, j'ai été tout de suite reçue avec une
curiosité amicale, et bombardée de questions de savoir qui j'étais et
combien de temps je resterais avec eux ? pas un jour sans que les
enfants me demandent ceci. Après quelques jours, je m'étais acclimatée
et après une semaine, je faisais partie de la classe (avec ma propre
tasse dans la cuisine de classe !).
Ma tâche principale
était d'être là tout simplement, de jouer avec les enfants et d'être
disponible pour les demandes des enfants. Après un très bref délai,
j'avais fait une place dans mon c?ur à tous les enfants. Même avec ceux
qui, comme les autistes, vivent dans leur propre monde et se débattent
parfois, je n'avais plus peur après quelque temps. J'ai appris quelle
énorme dimension peut avoir une caresse ou un sourire, mais aussi quel
effort cela demande d'être embrassée par quatre filles à la fois,
pendant la récréation.
J'ai compris aussi
l'importance de cette école, que je n'imaginais pas avant. C'est
qu'elle remplace pour beaucoup d'enfants la vie familiale normale, et
ils apprennent des choses que devraient leur enseigner leurs parents,
tels que faire des courses, prendre le bus, manger en groupe. La
plupart des enfants sont issus de conditions sociales modestes, et
parfois, ils ne sont pas acceptés à la maison ou les parents ont honte
de leur enfant. Ainsi une éducatrice m'a raconté que Lena (nom changé), une handicapée mentale, avait « le droit » de dîner dans sa chambre, quand il y avait une visite.
Beaucoup
de parents d'élèves touchent le R.M.I., ont des problèmes d'alcool,
sont parfois aussi handicapés ou parlent difficilement l'allemand. Ceci
est en effet un problème, car il est déjà difficile d'expliquer quelque
chose à un handicapé mental, sans parler des difficultés linguistiques.
Bien sûr, il y a aussi des parents qui protègent leurs enfants et
les aiment de tout c?ur ? ce qui devrait être normal, mais ce qui
parait alors comme une bénédiction.
Ce qui m'a personnellement fendu le c?ur et m'a donné certainement une expérience pour toute ma vie, c'est l'histoire de Tobias (nom changé),
qu? une éducatrice m?a racontée, un garçon qui n'a pas de parents ni
famille. Tobias vit dans un foyer, c'est un enfant très heureux de
vivre qui a un léger handicap mental, affectant surtout sa
concen-tra-tion. Les médecins n'arrivent pas à définir exacte-ment son
handicap, comme pour beaucoup d'enfants. Le père de Tobias avait
toujours interdit aux enfants tout ce qui leur plaisait, et souvent il
les avait mis à la porte. Alors l'office de protection de la jeunesse
est intervenu. Trois enfants sur neuf sont seulement restés à la
maison. Tobias va mieux depuis qu'il vit au foyer, mais chaque fois
qu'il voit son père, la peur se manifeste dans son visage. Ce qui m'a
touchée le plus, c'est le fait qu'aucun des frères de Tobias est né
handicapé. C'est seulement par la mauvaise éducation et la pression
psychique extrême qu'ils sont devenus handicapés mentaux. Ce sont ces
histoires de vies qui m'ont bouleversée. Pour moi, le social dans ce
stage, ce n'était pas le handicap, mais les différents destins. Dans
mon petit monde sain, je n'avais jamais à faire avec abus sexuel ou
rejet dans la famille.
Chaque handicapé était une si intéressante personnalité qu'on aurait pu consacrer tout son temps à celle-ci. Du
coup, on ne voyait plus une personne handicapée, mais une personne qui
ne serait pas elle-même sans son handicap. Aucune personne non
handicapée t'accepte et t'aime sans condition ni préjugé et si
chaleureusement tel un enfant handicapé. Il est très triste que
ceci ne soit pas toujours réciproque. Dans ce stage, j'ai appris à
estimer ma vie et ma famille et à ne pas les considérer comme quelque
chose qui va de soi. Et j'ai appris à me réjouir des plus simples
choses.
Les inhibitions que j'avais eues au début étaient complètement sans raison.
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