La casa de Sofía - La maison de Sophie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
02-04-08
Sofie's well

 By Lolín Menéndez rscj

  • le jardin
  • le puits
  • sa chambre
  • les vignes
  • l’église
  • le cours d’eau

 

le puits
Pour des temps d'oraison


(La casa de Sofia: el pozo)

Lis la belle histoire de Gen.24 quand Abraham envoie son serviteur Eliezer chercher une épouse pour Isaac au pays de ses ancêtres. Lis tranquillement le texte et les expressions qui se répètent : tu verras apparaître des fils qui s'entrecroisent pour en former la trame :

  • le fil de la bénédiction qui « descend », celle dont Dieu enveloppe Abraham (v.1.35), son serviteur (v.31) et Rebecca (v.60) et la bénédiction « ascendante », qui jaillit comme un merci de Eliezer vers le Seigneur (vv.26 et 46)

  • le fil relationnel qui relie sans cesse Eliezer à Dieu et le maintient dans une attitude de contemplation silencieuse, qui lui découvre la trace de sa présence (v.21) et qui le porte à s'adresser à Lui sous forme de supplication (vv.12 et 43), de bénédiction et d'adoration (vv.26.48.52).

  • le fil de l'amour fidèle de Dieu (hesed) (vv.12.14.26.48.49) celui qui le dirige et l'accompagne (vv.27.40.48.56): ces fils guident et transforment tout le récit.

Près du puits d'Aram Naharayim, tire ce fil que nous pourrions appeler la « fraîcheur de la foi», que ce fil nous conduise vers une «  seconde innocence » dans notre vie d'oraison.

Laisse-toi prendre par ce «chemin à deux», que semble parcourir Eliézer avec son Dieu (de même dans une icône copte du 6ème siècle le Christ pose familièrement son bras sur les épaules de Saint Menas); laisse-toi prendre par la possibilité qui t'est toujours offerte de « cheminer humblement avec ton Dieu »(Mi.6,8), avec cette paisible assurance de sa présence, attentive aux « clins d'œil »qu'Il te fait à travers les évènements, les rencontres et les appels de chaque jour. Affermis en toi ce désir de tisser tes journées au fil de l'oraison ; laisse-toi attirer par ce Dieu qui désire te rencontrer et souviens-toi qu'un puits qui t'attend à chaque détour du chemin si tu apprends, comme Eliézer, à « contempler en silence ».

  • Lis lentement la rencontre de Jésus et de la Samaritaine (Jn.4,1-42) au bord du puits de Jacob. Contemple la femme, cachée derrière sa cruche, sa vulgarité et ses réponses évasives qui semblaient empêcher toute communication profonde. Prends conscience de la manière dont Jésus pénètre patiemment dans le puits noir de cette femme jusqu'à ce que jaillisse en elle l'eau limpide de sa foi et de sa reconnaissance envers Celui avec qui elle est entrain de parler. (Cf. Jn.4)

Assieds-toi comme elle, prends conscience des portes que tu gardes fermées en toi, ces défenses derrière lesquelles tu te retranches et te caches ; prends conscience des peurs qui sont les tiennes...Après cette prise de conscience, mets-toi en présence de Jésus, Lui demandant de venir Lui-même renverser tes résistances : qu'il ouvre de part en part tes portes, tes fenêtres et ta vie, qu'il y entre avec son eau, son pardon, sa guérison et avec tous ceux qui sont «les siens». Laisse résonner en toi les mots de Jésus : « Si tu savais le don de Dieu »... «Donne-moi à boire »...«C'est toi qui m'aurais demandé et je t'aurais donné une eau vive...»

  • Lis et traduis en langage d'aujourd'hui le n° 86 des Const. de 1815 et nomme les peurs et les difficultés concrètes que tu éprouves à suivre Jésus et à vivre son Evangile. Lis aussi ce paragraphe dans la perspective d'un groupe, offre au Seigneur les découragements et les fatigues des hommes, la lenteur de l'œuvre du Royaume, la progression si lente de la justice et de la réconciliation dans le monde...Laisse Sophie te dire : «Tu peux mettre toute ton assurance dans le fait que tu trouveras dans le Cœur de Jésus une source inépuisable de force, de grâce et de consolation et que , t'appuyant sur Lui, tu peux dire :«Je peux tout, nous pouvons tout en Celui qui nous donne la force» ... Sophie devait ressentir l'amour de Dieu comme une fontaine qui prenait sa source au centre d'elle-même, comme un torrent qui inondait son âme d'une eau offerte non pour être gardée mais pour être donnée, versée, perdue. Parle-lui de ces dispositions en toi...

  • Le psaume1, dès le commencement, parle de quelqu'un d'«heureux» : « tout ce qu'il entreprend réussit ». Parce que son action est féconde (par son bras) on le compare à un arbre chargé de fruits dont le feuillage ne se flétrit pas. On nous donne aussi la raison de cette vie féconde : de même que l'arbre « est planté au bord d'une source d'eau », l'homme a mis son cœur et centré son désire dans le Seigneur, ainsi il est enlacé à Lui et à sa volonté.

  • A. Chouraqui, un auteur juif, le commente en ces termes :

« Il y a un désir qui naît de l'amour et provoque une union essentielle de l'amant et de l'aimé. La torah de Yahvé devient sa torah. Il y a comme une mort à soi-même et une renaissance à la lumière de l'amour : celui qui aime s'est transformé lui-même en torah de Yahvé et il ne peut que la murmurer jour et nuit; il ne se force pas..., c'est gratuitement , parce que le mouvement de l'amour l'a rendu ainsi».

  • Imagine que tu es un arbre : sens tes racines, tes branches et tes feuilles, la circulation de la sève...Quelle sorte d'arbre es-tu ? avec quelles caractéristiques : feuillage abondant, à moitié sec, haut, chétif... ? Comment sont tes branches et tes fruits ? Où es-tu planté ? Y a-t-il de l'eau tout près?...

  • Imagine que Jésus de Nazareth passe près de toi, s'arrête et te regarde. Tu sens posé sur toi ce regard qui ne te juge pas, ne te reproche rien, n'exige pas d'autres fruits que ceux que tu donnes en ce moment , mais il veut te révéler un secret : que le «faire»ne provient pas d'un activisme compulsif, mais d'un amour qui a besoin de s'exprimer. Demande - Lui de te faire partager sa conviction que toute fécondité dépend du lieu où sont plantées les racines. Dialogue en silence avec Lui, écoute-Le te demander : « Fixe-moi comme un sceau sur ton cœur , comme un sceau sur ton bras... »

Relis le psaume en laissant grandir en toi le désir de planter tes racines de vie au bord de l'eau et d'unifier dans ta vie l'être et le faire...

Dolores Aleixandre rscj
province d’Espagne Sud


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Dernière mise à jour : ( 07-04-08 )
 

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