Zoom: Proyecto Bantabá Version imprimable Suggérer par mail
02-01-05


Fotos Proyecto Bantabá





"Mon ami Muhtar, dit que dans sa terre Le Gambia,
il y a un lieu qui sert de repos à tous les oiseaux migrateurs
juste à la frontière avec le Sénégal :
ce lieu s'appelle Bantabá.

Bantabá est aussi une place
un espace ouvert qui,
dans chaque village et dans chaque ville,
sert de point de rencontre pour les habitants.

Apres le déjeuner, hommes et femmes,
enfants, garçons, filles, personnes âgées,
Musulmans et Chrétiens,
se réunissent pour parler de leurs problèmes,
de leurs joies, de leurs rêves
en différentes langues…"

Le projet Bantabá est un projet de solidarité des Religieuses du Sacré Cœur, lancé par les deux provinces d'Espagne à l'occasion du bi-centenaire de la Société.

Initialement ce projet fut conçu pour les enfants et les jeunes émigrants de Las Noria de Daza, une population rurale appartenant à la municipalité de El Ejido, Almería.
Actuellement le projet fonctionne dans deux centres : las Norias de Daza et Santa María del Aguila distantes de 5 km l'une de l'autre.

C'est une région destinée à la culture intensive de légumes sous plastique, depuis presque 40 ans et dans laquelle la population augmente de plus en plus ainsi que la précarité de leur situation sociale et de leur travail.

La finalité du projet est l'intégration de ces émigrants, qui viennent majoritairement du Magreb, de l'Afrique subsaharienne et des pays de l'Est européen extra communautaires. C'est de contribuer à ce que les personnes qui arrivent dans cette région, en recherche de travail, puissent vivre dignement en une société qui leur est très hostile.

Les nouveaux arrivants, manquant de ressources pour une formation, de temps libre, et de renseignements le projet s'articule en trois programmes :

  • Centre Bantabá
  • Classes de langue et de culture espagnole et andalouze
  • « Samedi différent »

Par ce moyen nous essayons de répondre, dans la mesure du possible, aux besoins des émigrants et d'adapter le profil des programmes aux variations de population et de demandes qui se produisent.

Centro de Bantabá

C'est un petit espace où peuvent venir les émigrants et recevoir accueil, conseils et orientation.

Nous voulons que notre centre soit non seulement une base qui coordonne les différents programmes du projet, mais aussi un moyen de rencontres et de relation, un point de référence pour tout émigrant qui s'approche. Un espace où il puisse exprimer ses demandes et ses besoins familiaux, sanitaires, scolaires, ses problèmes de logement, et à partir de là qu'on puisse travailler avec eux de manière intégrale.

Parmi ces aspects, ceux qui actuellement exigent le plus de nous et nécessitent un suivi sont la scolarisation des enfants en âge scolaire obligatoire et le suivi sanitaire : vaccination infantile, femme enceintes…

Durant l'année 2003-2004 une moyenne de 90 émigrants sont venus au centre chaque mois. On a obtenu la scolarisation de 84 mineurs. Les accompagnements sanitaires ont été d'environ 12 par mois.

Classes de langue y de culture espagnole et andalouze

La majorité des émigrants de cette zone parlent des langues différentes de celle qui est parlée ici. L'apprentissage de la langue de la société d'accueil est fondamental pour qu'ils puissent communiquer, s'orienter et en venir peu à peu à s'intégrer.

Depuis 1998, des cours de langue espagnole sont organisés Les groupes sont formés selon leur niveau de culture et la langue de leur pays d'origine. Les horaires s'adaptent à la journée de travail pour ceux qui travaillent à la campagne. A ces classes assistent des jeunes et des adultes des deux sexes, venant de cultures diverses.

Les classes sont assurées en majorité par des volontaires (Religieuses et laïcs).

Durant l'année scolaire 2003-2004, 5 groupes ont fonctionné avec un total de plus de 100 élèves inscrits et une assistance régulière aux classes.

Depuis l'an 2000, le matin et en horaire scolaire, il y a des classes de langue pour des groupes de femmes, deux jours par semaine.

A cause de leur charge familiale, de l'éloignement de leur lieu de séjour et des conditions religio-culturelles (la majorité sont musulmanes), beaucoup de mères de famille et de jeunes émigrantes ne peuvent assister aux classes du soir.

Un service de transport en voiture est organisé pour celles qui vivent dans des bâtiments disséminés.

Ces classes sont pour elles non seulement un chance d'apprendre la langue et les coutumes de la société d'accueil, de profiter de recours socio-sanitaires etc…, mais aussi la possibilité d'établir entre elles des relations ce que la dispersion de leurs logements rend presque impossible.

La moyenne des femmes qui ont assisté aux classes pendant l'année scolaire a été de 26. Elles étaient organisées en deux groupes selon leur niveau de connaissances. La plupart d'entre elles n'avaient jamais pu fréquenter une école dans leur pays d'origine.

« Un Samedi différent »

Il s'agit d'un espace ludo-éducatif qui rend possible les relations entre les enfants comme alternative à l'isolement et où on utilise le jeu comme moyen pour apprendre a être heureux avec d'autres de races, de culture et de religion différentes.

Les enfants de 6 à 14 ans peuvent participer à ce programme de temps libre, en priorité des immigrants ou des enfants socialement en difficulté. Plusieurs moniteurs et monitrices volontaires, immigrants aussi en majorité, aident aux activités et aux ateliers qui ont lieu le samedi matin.

Il y a un service de transport scolaire pour les enfants qui habitent loin.

Outre les jeux et les ateliers manuels, sont organisées des excursions et des sorties culturelles et on participe aux fêtes du quartier

Durant cinq été consécutifs, ces activités du samedi se sont prolongées pendant deux semaines de vacances d'été sous forme de « colonies urbaines», avec jeux, sorties à la plage, etc…Des jeunes de différentes régions d'Espagne y ont collaboré de manière totalement volontaire.

En été 2004, à cause du manque de volontaires pour collaborer avec les religieuses dans les colonies, les activités se sont réduites aux classes d'appui scolaire et aux jeux organisés par une communauté de Carmélites de Vedruna qui collaborent au projet Bantabá depuis quatre ans pendant les mois de juillet et août.

Le projet Bantabá est financé par les dons volontaires d'amis, de communautés religieuses et paroissiales et, ponctuellement par quelques entreprises privées.

Il nous semble que le projet, après cinq ans de fonctionnement, continue à être un travail nécessaire, intéressant et qui s'adapte aux besoins concrets de tant et tant de personnes qui continuent à arriver dans cette région d'Almería en recherche de moyens de subsistance.

Nous qui assumons cette tâche, nous trouvons qu'elle est gratifiante malgré la méfiance de la population autochtone envers les émigrants et qui ne comprend pas toujours notre option.

Nous sommes convaincues que c'est une chance de pouvoir être proches de ceux qui jour après jour sont les « derniers » dans notre société espagnole et de pouvoir rendre un peu réalité le « J'étais étranger et vous m'avez accueilli » (Math.25)

Dernière mise à jour : ( 20-11-07 )
 

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