Zoom: La Communauté de Miano, Naples Version imprimable Suggérer par mail
03-04-05

Province d’Italie


La démarche de l’église et de la société dans les années post conciliaires nous ont préparées à accueillir avec une sensibilité toute particulière l’option du chapitre  ’70 « à la lumière de l’évangile et du contexte social, nous nous décidons à être solidaires avec les pauvres ». Ces mêmes années le cardinal Corrado Ursi, avec force, incitait les religieuses à sortir de leur petite chapelle pour aller vers le peuple, surtout celui des banlieues, abandonné à lui-même.

Notre expérience a débuté dans le quartier de Miano le 13 mai 1972 ; Un appartement venait de se libérer, si nous attendions encore, nous risquions de le trouver occuper, vu le manque critique de logements…

Nous avons de suite reçus des visites : les enfants notaient que chacune de nous avait son lit ! La dame de l’étage de dessous, avec des marques de griffes au visage, nous expliquait avec beaucoup de simplicité  « mon mari m’a frappée », la famille de 17 personnes qui vivaient dans 3 pièces et allaient dormir par rotation, vu le manque de lits, nous firent de suite entrer dans la réalité de cette vie, et nous ne pouvions pas penser avoir fait un geste héroïque en venant vivre parmi eux.

Nous savions que si nous n’étions pas acceptées, ceci allait se voir par des petits gestes  tel un vol de la roue de la voiture, de la batterie…32 ans après, nous pouvons dire que ceci n’est jamais arrive. A la question si les religieuses devaient être considérées comme un groupe a part, la réponse des conseillers du quartier fut : « les religieuses font partie du quartier »  nous le sommes encore aujourd’hui.

Dès le départ, pour nous l’ « être » fut plus important que le « faire », et l’accueil fut une de nos caractéristiques principales. Le minuscule appartement s’ouvrit à différentes jeunes qui avaient partagé notre vie, une est devenue rscj, et aussi le père d’une des religieuses a vécu notre situation pendant plus de 2 ans. Pour permettre à son unique fille de continuer sa vie de religieuse il a laisse sa maison de Florence, acceptant de partager une petite chambre avec sa fille… cela a été un cadeau pour nous toutes et aussi pour le quartier qui l’a beaucoup aimé et respecté.  Sa mort nous a laissé un grand vide.

Au début nous travaillons toutes dans des écoles publiques, notre temps était restreint, mais nous passions le plus clair du temps à aider des jeunes dans les études : l’ignorance dans les familles mettait les jeunes en difficulté a l’école. Après l’école primaire, seulement les garçons continuaient à étudier, tandis que les filles devaient rester à la maison surveiller les petits frères ou sœurs ou bien aider dans les taches ménagères. Plus du 50% des mères  étaient analphabètes. Le soir nous donnions des cours pour adultes qui avaient besoin  d’une licence moyenne pour garder ou bien trouver du travail. Ceci nous a permis d’être en contact avec de nombreuses personnes. Le dimanche matin, chez nous, il y avait réunions de jeunes -certains venaient aussi  pour des cours du soir-. Nous sommes restées en contact avec tous ces jeunes, notre rapport était très bon, même avec les jeunes qui avaient mal tourné.  Certains d’entre eux viennent encore aujourd’hui nous confier leurs enfants en nous disant : «  ma sœur, je ne veux pas que mes enfants prennent le même chemin que moi » !

Malheureusement avec le bien-être économique la délinquance a augmenté, en particulier celle qui vient du trafic de la drogue.

Plusieurs familles simples et honnêtes ont émigré à la recherche de travail  et leurs habitations ont été achetées par ce qui ont gagne de l’argent facilement….
Les exigences spirituelles, groups de prière, lecture de la bible…sont nées petit a petit.

A l’heure actuelle, nous sommes presque toutes à la retraite, donc a disposition du quartier, en essayant de répondre aux besoins du moment, écarter les enfants et les jeunes de la rue, avec des activités récréatives, couture, aide aux études, formations spirituelles avec des groupes de prière, cours bibliques, catéchèse pour la préparation des adultes a la confirmation et au mariage. Le travail d’une de nous avec les marginalisés nous stimule et nous ouvre l’esprit a des horizons plus vastes.

Notre appartement actuel avec 4 chambres, cuisine, 2 bains nous permet d’accueillir des jeunes qui veulent faire l’expérience d’un service avec les enfants des quartiers difficiles : des le début différent groups de guides, des universitaires de padoue, anciennes de Palerme et de Lindthout, des enseignants de Villa Peschiera ont offert leur temps de vacances dans notre quartier. L’année dernière, et cette année encore nous avons accueilli 12 guides de Bruxelles. Pendant 15 jours elles ont passé leur temps à faire des activités avec les enfants. Nos jeunes ont étés pour elles les body gardien qui les ont accompagnées à la découverte de Naples…

Dans cette réalité si oubliée par les institutions et dépréciée par les habitants même, nous essayons de permettre à chacun/une de croire qu’il/elle est l’objet d’un immense amour et qu’il/elle est d’une grande valeur…

 

La Communauté de Miano :
Angela Cairone rscj, Anna Maria Catelani rscj,
Maria Teresa Devoto rscj, Paola Paoli rscj


Dernière mise à jour : ( 23-02-07 )
 

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