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| Photos par Sandy Schadewal rscj
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Née prématurée à six mois en 1921, j'ai été aussitôt baptisée et mise dans une des premières couveuses à l'Hôpital Sainte Marie de San Francisco. J'avais deux ans quand ma famille est partie en vacances en Europe; par suite des circonstances, ces vacances ont duré onze ans. Elles furent très heureuses pour moi. Bien que fragile de santé, quand j'étais bien, j'étais pleine d'énergie et de joie de vivre. J'ai commencé l'école en France, ai fait ma première communion en Suisse et ai été confirmée en Espagne. Nous passions des vacances sur la côte atlantique, au bord des lacs d'Italie, à la Riviera française, aux îles de la Baltique, une fois dans le sud de l'Angleterre.
J'ai appris l'art à l'école en même temps que les matières habituelles et pendant les vacances ma mère nous encourageait, ma sœur et moi, à emporter notre matériel d'aquarelle. J'en ai beaucoup profité. Une fois que j'étais à l'hôpital à Paris, pour mon neuvième anniversaire ma mère m'a offert un cahier à colorier qui avait aussi des pages blanches pour dessiner. J'ai aimé cela et travaillais une page par jour pour la lui montrer à sa visite.
Quand j'étais à Madrid, j'ai commencé à prendre des cours de peinture à l'huile et l'été suivant, j'ai fait ma première exposition de peinture à l'huile et d'aquarelle. Des amis adultes, eux aussi, ont vu mon intérêt et m'ont aidée à progresser.
A cause de la récession (économique) et des conditions en Europe à l'époque, nous sommes rentrés en Californie et avons vécu avec ma grand-tante à Santa Cruz. Là, j'ai fréquenté l'école secondaire catholique, mais celle-ci n'offrait pas de cours d'art. J'ai donc continué seule, copiant des dessins et illustrant mes devoirs.
A l'époque où j'ai débuté à Lone Mountain, alors Collège Féminin de San Francisco, j'avais fréquenté sept différentes écoles dans quatre pays différents et je parlais français, espagnol, italien, allemand et anglais. C'est là, à Lone Mountain que Dieu m'attendait, à quelques pâtés de maisons de l'endroit où j'étais née. Cet été de 1940, nous avons passé nos vacances au Lac Tahoe et le 15 août je recevais ma médaille d'Enfant de Marie à Lone Mountain; ce même soir, j'entrais au noviciat d'Albany, Kenwood, dans l'état de New York.
Ce n'est qu'après ma profession perpétuelle à Rome que j'ai repris l'étude de l'art. J'ai suivi des cours de fusain et d'aquarelle au Collège Barat, dans l'Illinois, des cours d'ingénieur architecte au Collège Féminin de San Diego; et habituellement des cours d'art à Lone Mountain. Puisque je n'étudiais l'art qu'aux vacances, c'est seulement en 1955 que j'ai conquis mon diplôme d'art.
J'avais donné quelques cours d'art à nos écoles secondaires et un cours d'aquarelle à San Diego. Mais c'est à Lone Mountain que je suis vraiment devenue professeur d'art, enseignant à plein temps. Ce furent des années très heureuses pour moi. J'étais aussi sacristine dans notre nouvelle chapelle et avec les cours d'art j'étais comblée. Ceci jusqu'à mon retour à Broadway. Après Vatican, j'ai suivi des études d'infirmière et ai reçu mon diplôme. J'ai ensuite été infirmière à temps plein à San Diego, Kenwood, et enfin à Oakwood dès l'ouverture en 1971. C'est là que j'ai lancé les "arts créatifs" pour occuper utilement les loisirs de nos Sœurs. Pendant un an j'ai étudié la sculpture du bois à Madrid, le métal en relief à Paris. J'ai aussi suivi un post-graduat en art à l'Université Eugène, dans l'Oregon, avec l'intention d'ouvrir un studio. Ce projet ne s'est pas réalisé par manque de moyens. Je suis alors devenue aumônière à l'Hôpital Communautaire de saint Mateo, tout en continuant mon ministère à la Cathédrale Sainte Marie de San Francisco et assurant le service de chauffeur à Oakwood (résidence pour nos sœurs retraitées en Californie) à mes jours libres.
En août 2001, j'ai participé au premier atelier d'iconographie du Père Brendan McEnerny, op, et suis tout de suite tombée amoureuse de ce travail. Là, spiritualité et ministère formait un tout. J'ai reçu la permission de continuer et me suis mise à l'école de Vladislav Andrejev, maître en icônes. Il enseigne un renouveau de l'iconographie russe du XIV° siècle qui s'étend à la théologie de l'icône. C'est le mélange parfait de prière, travail et apostolat.
Les icônes sont des images saintes réalisées sur des bois non-résineux, qui ont été couverts de toile et de gypse, gravées et couvertes d'un mélange à l'œuf appliqué selon certaines méthodes. L'argile est utilisée sur les bords et partout où l'or est appliqué. Cela se fait dans un souffle long, profond. Cela signifie que Dieu nous façonne d'argile, qu'il a soufflé sur Adam pour qu'Adam devienne un être vivant. A partir de cette étape, chaque étape représente notre croissance jusqu'à ce que nous atteignions l'éternité. De même, chaque trait, chaque couleur a son sens. Sans quoi, ils n'ont pas leur place dans l'icône. Les cheveux bouclés représentent la sagesse, un nez mince, une bouche, des oreilles, des mains et des pieds petits symbolisent le contrôle des sens. Le bleu, le vert et la lavande sont considérés comme couleurs éthérées. Les trois étoiles ou joyaux sur le manteau de Notre-Dame représentent la sainte Trinité présente en elle, et ainsi de suite. Nous pouvons dessiner des images sur les tableaux mais c'est l'Esprit intérieur qui nous guide. Nous sommes seulement l'instrument. C'est pourquoi ils ne sont jamais signés.
Je suis toujours heureuse de faire des exposés sur l'iconographie parce que plus les gens les comprennent plus ils sont poussés à s'en servir pour la prière, -c'est leur seul but- pour les attirer à Dieu.
Travaux artistiques par Anne Davidson.
Anne Davidson rscj,
Province des Etats Unis
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