Un ministère quelque peu insolite Version imprimable Suggérer par mail
05-07-07
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Antonella Apolloni rscj

Le troisième moyen que Madeleine Sophie nous présente pour glorifier le Cœur de Jésus est l’œuvre des retraites, le quatrième moyen concerne les rapports avec les personnes du monde,… « Autant de moyens à leur portée».

Le Chapitre de 1994 déclare qu’aujourd’hui la fidélité au charisme nous appelle à être des femmes de communion.

Avec ces éléments, je vous raconte ma mission pastorale.

Je collabore, à niveau national et à plein temps, avec le Service d’Animation Communautaire du Mouvement pour un Monde Meilleur, fondé dans les années ’50 par le Père Riccardo Lombardi SJ.

C’est un service qui a pour but de maintenir l’Eglise dans un renouveau continuel par la lecture des signes des temps et la poursuite d’une réalisation toujours plus plénière de l’unité, seule passion du Cœur de Jésus : « Père, qu’ils soient Un comme nous sommes Un ! ». Cela en aidant  l’Eglise concrète, locale - paroisse et diocèse – et la vie religieuse, concrètement les congrégations de vie apostolique.

 En participant à plein temps à ce Service, je vis deux réalités communautaires : ma communauté religieuse de Villa Lante et ma communauté « de mission », constituée par des prêtres, religieux et religieuses et laïques avec qui je partage la vie de chaque jour. Ma communauté religieuse, même si je n’y vis pas habituellement, est pour moi la source de ma mission : c’est elle qui m’envoie « chaque matin », c’est le pôle de ma vie religieuse. Elle m’ouvre à la communauté provinciale et à la vie de toute la Société.

La communauté de mission, avec son style d’équipe et son  caractère  « provisoire », me permet de vivre en profondeur l’expérience d’une communauté apostolique, toute tendue vers l’idéal concrétisé en des buts communs, pour lesquels elle s’organise avec des rôles et des tâches précises ; ce qui fait que, même lorsque j’assume toute seule une responsabilité, un service, je ne suis pas seule : les autres l’ont préparée avec moi, en sont co-responsables avec moi, j’agis au nom du groupe, soutenue par leur intérêt et leur prière. Personne n’est dans le groupe  à titre définitif, mais chacun est invité  à reconnaître et manifester son appartenance à sa ‘famille’ d’origine, reste lié à elle et y revient lorsque l’obéissance et le discernement indiquent que le temps est venu. Ce caractère provisoire m’empêche de m’asseoir sur les résultats atteints, mais me fait mettre immédiatement les pieds là où j’étais à peine arrivée avec ma tête, et me stimule à me maintenir disponible, à la recherche du « magis », d’une communion chaque jour plus  profonde, qui me libère progressivement de moi-même et me fait croître comme personne-en communauté.

Les temps de prière-réflexion-recherche communautaire, comme équipe, alternent pour découvrir les Signes des Temps, ou les horizons vers lesquels le Seigneur, toujours à l’œuvre en l’histoire, est en train de conduire son peuple, et formuler des pistes concrètes pour traduire dans la pratique la volonté de Dieu.

« Contempler le Cœur de Jésus au cœur du monde » Nous laisser dicter l’agenda par le monde (cfr Chap.1994)

Connaître et aimer le Cœur du Christ là où Il vit et souffre et chercher comment faire en sorte que le Peuple de Dieu, son Eglise,découvre et  goûte cet amour qui le prévient et l’attire sans cesse.

Une seconde composante de ma vie sont les cours-rencontres pour communiquer ce que nous découvrons et animer les groupes pour le traduire en style de vie. Ces rencontres sont destinées aux  ensembles paroissiaux  - curés, laïques, religieux/ses -, ou diocésains – évêque, clergé, religieux/ses - ; ou à des catégories spécifiques du  peuple de Dieu : jeunes, familles, agents   pastoraux, prêtres, évêques… Le critère est l’ouverture à tous sans exclusion. La méthodologie est celle de la conscientisation progressive qui fait de chaque baptisé un multiplicateur. L’itinéraire d’évangélisation  est celui du Catéchuménat d’un peuple baptisé.  

Vous est-il jamais arrivé de guider la retraite d’un groupe d’évêques et de vicaires épiscopaux?  Pour moi c’est toujours une profonde émotion ! Cette émotion est encore plus « grande » (ce qui me fait sentir toute petite : simple instrument dans les mains du Seigneur) lorsque je m’assieds avec l’Equipe d’Animation Pastorale d’un Diocèse ou d’une Paroisse, et que je l’accompagne dans la recherche et la formulation du Plan Pastoral Diocésain ; vivre avec cette équipe toute une semaine chaque année, en partager le travail, en observer l’engagement, en accompagner le discernement !

La troisième partie de mon temps me voit pérégriner d’un Diocèse à un autre, d’une Paroisse à une autre, d’une Congrégation à une autre, pour prier, réfléchir, programmer, évaluer, chercher des solutions appropriées, tous ‘ensemble’, sans formules toutes faites, mais comme fruit de la spiritualité de communion propre de l’Eglise.

La composante quotidienne, quel que soit le moment que je vis, est la célébration, dans la prière communautaire et la liturgie, de la tendresse de Dieu pour l’humanité, de sa continuelle initiative, qui vient  à notre rencontre et nous appelle  par notre nom, nous attire et nous forme à la Communion… et de la réponse d’amour de son Eglise, au-delà et avec ses faiblesses et ses limites.

Ainsi toute journée commence par la prière des  Laudes chantées ensemble – soit à la maison, et se conclut par la célébration de l’Eucharistie, sommet de l’expérience quotidienne, où nous partageons l’expérience de Dieu vécue pendant la journée, ce qui donne une saveur toujours nouvelle à la Parole et au Pain que nous rompons ensemble ; c’est aussi le moment de la réconciliation qui renouvelle la fraîcheur de la vie fraternelle

Je me trouve, ainsi,  totalement RSCJ, donnée à l’Eglise et au monde, partageant sa mission de l'éducation du  peuple de Dieu.

Antonella Apolloni rscj
Province d’Italie

Dernière mise à jour : ( 26-06-07 )
 

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