Mon itinéraire spirituel: Shanti rscj, Province de l’Inde Version imprimable Suggérer par mail
02-07-07
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Shanti

Un regard sur mon itinéraire spirituel me fait prendre conscience qu'il y a certains éléments qui dessinent comme un fil rouge dans le cheminement de croissance ou d'approfondissement. Ma croissance spirituelle est étroitement liée à mon identité personnelle. Plus je découvre les différentes facettes de mon identité personnelle, à savoir ma condition d'Indienne, de femme, de rscj, plus ma spiritualité s'approfondit et s'intègre. Elevée dans une famille catholique traditionnelle, je me percevais consciemment comme chrétienne, mais les autres facettes de moi-même n'étaient pas activement présentes à ma conscience.

Secundo, je vois les relations comme élément important de ma spiritualité. Tout d'abord, ma relation à Dieu ressemblait en grande partie à la relation que je vivais en famille avec mes parents et mes sœurs. Le lien qui nous unissait a été l'expérience fondamentale pour toutes mes autres relations.

Tertio, j'ai été profondément influencée par des personnes, des événements, des situations et un cadre qui ont marqué ma vie à diverses étapes.

Je viens d'un foyer très religieux. La prière faisait partie intégrante de notre vie ensemble. En fait, Dieu était comme un membre de notre famille. Mes parents se référaient à Dieu pour tout, se parlaient mutuellement de Dieu comme à nous. J'ai grandi dans l'assurance que nous avons un Dieu aimant et attentif à moi.

Pendant la seconde année de mon noviciat, un changement radical s'est opéré dans le programme de formation, personnes, style de vie, lieu, etc. Pour la première fois, on a nommé une maîtresse des novices indienne. A ce moment, l'Eglise en Inde s'ouvrait à la connaissance de la richesse spirituelle de notre héritage hindou. La Société s'ouvrait à tout cela et notre maîtresse des novices, Vandana Mataji, était au premier rang des pionniers de ce mouvement. Nous, ses novices, nous étions donc toutes désignées pour faire cette expérience. Nous avons été initiées au yoga, aux "bhajans" (hymnes de dévotion composés par des saints et des saintes non chrétiens), au "Nam jap" ou répétition du nom de Dieu. On nous a amenées à des temples hindous et encouragées à prendre part à des festivals et pèlerinages hindous. C'était un temps d'expérimentation et la plupart d'entre nous en ont beaucoup profité. Pour nous qui venions toutes de familles catholiques très traditionnelles, cette nouvelle approche était enthousiasmante.

C'est au cours d'un de ces pèlerinages qui font la part si belle à la spontanéité dans le chant, la danse, la dévotion et la joie que j'ai fait l'expérience en profondeur de la présence tangible de Dieu. J'ai senti mon cœur touché et ouvert à un Dieu qui est amour, qui est libre et me veut libre, qui m'invite à aimer de tout mon être, corps, intellect et esprit. Cela m'amenée plus près de Jésus et m'a poussée à désirer la connaissance de ses dispositions intérieures. A partir de ce moment, j'ai senti que j'étais devenue une bhakta, une passionnée du Seigneur Jésus. Cette expérience m'a aussi mise en contact avec mes propres racines profondes indiennes. J'ai ressenti que je faisais partie de la tradition spirituelle de mon pays. En quelque sorte, cette expérience m'a fait sentir la solidarité avec nos autres bhaktas ou passionnés hindous. Je me sentais à l'aise en utilisant leurs prières, leurs chants pour prier mon Jésus.  Même si nous adorons Dieu sous d'autres noms et d'autres formes. Je me sentais en union avec eux, c'est comme si quelque chose de moi avait été ouvert, élargi et approfondi. Je me sentais enrichie par les Ecritures de l'hindouisme, en particulier les Upanishads et la Bhagvad Gita que nous utilisions parfois pour notre prière.

Un an après mes premiers vœux je faisais partie du groupe appelé à lancer un ashram avec Vandana comme Acharya ou enseignant. Ceci était dans la nature d'un centre expérimental où nous nous efforcions de vivre la vie religieuse avec les valeurs qui font partie de l'éthique religieuse indienne. Cela entraînait simplicité de vie, végétarisme, plusieurs heures de méditation, pratique du yoga, partage de spiritualité avec des personnes de toutes appartenances religieuses, ?? un dialogue vécu à la foi confessionnel et interreligieux, une hospitalité largement ouverte. Les trois années passées là-bas ont approfondi mon enthousiasme du début et tous les séminaires organisés à notre Ashram étaient orientés vers la relation à et le culte de Dieu selon le génie indien. Je sentais que je nageais dans les bonnes eaux. La spiritualité qui se centre sur l'unité et l'intériorité était pour moi la concrétisation de l'aspect contemplatif de notre spiritualité de religieuses du Sacré-Cœur.

Les années qui ont suivi ont été plutôt une intégration et un approfondissement de tout ce que j'avais expérimenté, surtout par la pratique de la prise de conscience. Je sens la présence de Dieu touchant les détails de ma vie. Dieu comme père et mère est responsable de ma vie et veille à chaque détail. Souvent, je suis submergée par les procédés délicats dont Dieu agit dans ma vie. Je suis reconnaissante à l'appel de la Société à contempler le Cœur du Christ dans le cœur transpercé de l'humanité. Car je vois la spiritualité de la Société comme spiritualité du Cœur ouvert, un cœur ouvert à Dieu et au monde, le Cœur ouvert de Dieu m'appelant à ouvrir mon cœur à l'amour de tous, prêt à être transpercé en donnant la vie.. Prière et vie intérieure continuent à être les axes essentiels pour vivre notre spiritualité dans le monde aujourd'hui. C'est cela qui fera de nous de vraies religieuses de son Cœur.

Quand je regarde en arrière, je suis remplie de reconnaissance pour l'ouverture de la Société qui nous permet d'explorer et d'exprimer notre spiritualité à notre manière et d'exploiter toujours plus la richesse que nous découvrons dans la spiritualité du Sacré-Cœur. L'Esprit souffle où il veut et comme il veut et cette ouverture de la Société est pour moi témoin de l'ouverture à l'Esprit. Car enfin toute vie nourrit la spiritualité et la spiritualité se vit dans la vie, concrétisée, expérimentée dans nos choix, nos relations, nos décisions, nos valeurs.

 

Shanti (Isabel Fernandes, rscj)
                            Province de l'Inde
Dernière mise à jour : ( 26-06-07 )
 

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