1989
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Ila en Egypte
Ila in Egypt
Ila en Egipto
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Dans le Noviciat
In the Noviceship
En el Noviciado
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Premiers Voeux
First Vows
Primeros Votos
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Un nouveau départ pour la Hongrie
Face à la situation politique en 1948-1949, Mère de Lescure a pris la
décision de fermer les deux communautés de Budapest. Nos écoles avaient
été nationalisées et les religieuses furent transférées dans nos
maisons d'Autriche. Les treize novices et postulantes hongroises, avec
la Maîtresse des Novices, Mère Walburga Spee, reçurent asile en Italie,
à Avigliana. A cette époque, j'étais encore étudiante, mais je ne
doutais pas de ma vocation de rscj et j'ai quitté la Hongrie avec
elles. Bien que mes premières années de vie religieuse se soient
passées en Italie et en France, mon appel à la vie religieuse était
aussi un appel à partager la vie des très pauvres dans les missions.
Cependant, j'ai dû attendre 26 ans, vivant en Autriche, avant d'être
envoyée en Egypte par S?ur Camacho, notre Mère générale. Là, j'ai vécu
six ans parmi les pauvres au village de Beni-Ebeid avant de revenir en
Autriche.
Après le Chapitre de 1988, j'ai ressenti une forte motivation pour
travailler au milieu des pauvres et des migrants, pour leur faire de la
place dans ma vie. La lettre de Helen pour la fête du Sacré-C?ur en
1998 m'a poussée à chercher ce que j'avais à faire et où le faire. Le
nouvel appel arriva de Hongrie. A l'été de 1989, un flot de réfugiés de
l'Allemagne de l'Est arriva dans le pays et de nombreux camps furent
ouverts. Pour administrer ces camps, des volontaires étaient
nécessaires. La lecture d'un article sur le sujet suffit à me faire
partir pour la Hongrie où je revenais après 40 ans, comme volontaire
dans un camp de réfugiés de Budapest. J'ai partagé la vie des réfugiés
dans le camp, les ai aidés en qualité d'interprète, pour régler leurs
affaires et les accompagner dans leur situation désespérée.
Ces semaines dans le camp m'ont ouvert les yeux à un nouveau défi. Un
prêtre hongrois bien connu, pivot de cette présence des volontaires, me
dit:" Vous devriez revenir dans votre pays. En cette période d'après
communisme, nous avons besoin de vous. Les jeunes surtout ont besoin
d'aide spirituelle."
Deux autres religieuses hongroises vivant en Autriche attendaient
l'occasion du retour. L'appel concret arriva. Le 6 janvier 1990, les
S?urs Anna Laszlo et Ilona Majthenyi partirent pour la Hongrie. La
communauté paroissiale qui les accueillait était très vivante et pleine
de jeunes. Je les rejoignis quelques mois plus tard. Les débuts ne
furent pas difficiles, les familles et les jeunes étaient très
accueillants et enthousiastes. Beaucoup de familles avaient gardé leur
foi, parfois au prix de lourds sacrifices. Le but du système communiste
était de briser les liens familiaux, les traditions nationales et
religieuses et de former des experts capables seulement de poursuivre
des buts individuels. Le résultat en fut une profonde crise des
valeurs, un manque d'initiatives et de buts communs. Les différents
groupes de la société ne pouvaient communiquer entre eux.
Nous avons offert des journées de prière, des groupes bibliques, des
retraites, l'accompagnement personnel, le contact avec les familles,
avec la paroisse tout entière, spécialement avec les jeunes. Avec eux,
nous étions actives dans la recherche de solutions pour les réfugiés
des pays de l'Est, de Roumanie, d'Ukraine et de l'ex République
Démocratique d'Allemagne?
Ce fut l'occasion pour les gens de ces pays, après la résistance, de
s'ouvrir à un esprit nouveau de vie dans l'Eglise. Mais l'esprit de
Vatican II n'avait pas pénétré assez profondément dans l'Eglise
hongroise. La première jeune femme à manifester de l'intérêt pour la
vie religieuse était marquée par la formation décrite ci-dessus.
Le 6 septembre 1991 nous nous sommes mises en route avec 6 candidates
dans la petite maison d'accueil de la paroisse. En septembre 1992,
grâce à l'aide reçue de la Société, nous ouvrions notre noviciat près
de la paroisse. La formation initiale de 5 novices commençait.
Pour la première fois, après la suppression de la clôture, il était
possible pour la Société en Hongrie de se tourner vers les pauvres,
vers ceux qui vivent en marge de la société, les exclus, et d'être
insérées dans la vie paroissiale et la communauté locale. Avant tout,
ce nouveau départ en Hongrie était une réponse aux besoins du pays
après 40 ans de communisme. Après une interruption de 45 ans, en 1994,
nous avons pu célébrer les premiers v?ux de novices. Un an plus tard
s'ouvrait notre seconde communauté à Budapest.
En 1998, nouvelle étape. Pour la première fois en Hongrie, nous
pouvions ouvrir une petite communauté de trois s?urs en dehors de
Budapest. La demande venait de Szged, ville universitaire dans le sud,
non loin de la frontière avec la Serbie. Ici, nous sommes engagées dans
l'éducation, le travail pastoral parmi les étudiants et l'aide aux
sans-abri. En cette même année, Erzsebet Szilagyi faisait sa profession
perpétuelle et, après une année de préparation en Irlande, elle
commençait son ministère de maîtresse des novices.
Les contours d'une vie nouvelle se sont définis. Si nous regardons la
réalité avec amour et clairvoyance, l'Esprit nous donnera l'inventivité
nécessaire pour être des témoins authentiques du Fils de Dieu. Notre
pays, comme tant d'autres, a soif de boire à la source de la guérison
et de la vie.
Malgré les difficultés, les occasions de service ne nous manquent pas,
puisque les quarante dernières années ont été privées de toute
possibilité de nourrir la vie spirituelle. Notre nouveau départ peut
être appelé en toute vérité une re-fondation de la Société en Hongrie.
Ila Prohaska rscj
Province d'Europe Centrale
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