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Affiche dans l’abri de Didimdol, dessiné par une des jeunes filles.
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Choi Eum Jung y Choi Il Sim avec une des jeunes filles de Motungii.
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Souper à Didimdol: rscj, assistants et quelques unes des jeunes filles
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« L’urgence des besoins du monde, l’appel des Eglises locales exigent des réponses créatives conformes à l’esprit de la Société. » (Const. 1982, n.12)
Dans le cadre de la préparation au Bicentenaire de la Société en l’an 2000, la province de Corée s’était engagée dans un discernement afin de trouver une réponse de corps aux besoins de l’Eglise locale. Une des urgences de la société coréenne, c’est d’offrir un abri temporaire à des jeunes filles délinquantes qui se sont enfuies de chez elles. La Conférence des Supérieures majeures nous avait demandé d’entreprendre quelque chose. Les Constitutions disent que « nous participons à la mission de l’Eglise par le service de l’éducation …Saisies par l’amour qui est dans son Cœur, nous cherchons à faire grandir la personne dans sa dignité humaine … à partir de l’Evangile et de ses exigences … de justice, de solidarité avec les pauvres et les marginaux » (n. 7).
Nous voudrions être une pierre d’appui pour ces jeunes au cœur blessé qui fuient leur famille, l’école et la société, et les aider à retrouver leur dignité et leur place dans la société. Comme dit la Bible, « la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue pierre d’angle. C’est l’œuvre de Yahvé. » (Ps 118, 22). « Motungii » en coréen signifie pierre d’angle, et la maison essaie d’être cette pierre à partir de laquelle les jeunes pourront prendre conscience de leur valeur personnelle, développer leurs talents à travers une formation professionnelle, acquérir leur autonomie et prendre leurs responsabilités dans la société.
Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles ces filles vont à la rue. Bien que quelques unes aient des problèmes personnels, la plupart proviennent de foyers où la structure familiale a éclaté ou bien où il n’y en avait pas. Il est rare qu’une jeune s’en aille quand elle vit avec sa propre mère ; bien souvent cette mère a un nouveau compagnon. En général celles qui s’enfuient habitaient avec leur père et une belle-mère, quelquefois avec une grand’mère, ou bien seules avec leur père. La plupart des filles vivant chez leur père ou sans parents ont connu non seulement la pauvreté, mais aussi la violence domestique et sexuelle. Elles sont atteintes de traumatismes et parfois leur histoire personnelle dépasse toute imagination.
La première chose à faire pour ces filles en danger, c’est de leur offrir l’assistance nécessaire pour vivre ; ensuite la mission éducatrice de la Société du Sacré-Cœur peut s’exercer. L’amour inconditionnel de ces jeunes qui ont perdu leur dignité et l’estime d’elles-mêmes par suite des blessures reçues chez elles, à l’école et dans la société, les amène à expérimenter l’amour de Dieu qui leur donnera courage et espérance pour s’aimer elles-mêmes et s’ouvrir à de vraies possibilités d’avenir. Nous essayons aussi, avec elles, de rétablir les relations familiales, brisées par suite des difficultés rencontrées à la maison, à l’école et dans la société en général. Nous travaillons à guérir les blessures et à rapprocher ceux qui souffrent de séparation. Parfois, nous célébrons même une « cérémonie de retour à la maison ».
Les rscj de la province de Corée ont en charge deux foyers. Motungii occupe une grande maison aux abords de Seoul. C’est un court séjour : on y reste de trois à six mois. Le nombre de filles hébergées varie. Un peu moins de la moitié finit par retourner dans sa famille ou à l’école. La moitié plus ou moins a entre 17 et 19 ans, et l’autre moitié, entre 14 et 16 ans. Soixante pour cent des filles arrivent à Motungii de leur propre initiative. Elles ont trouvé l’adresse sur internet (http://www.motungii.or.kr) ou à travers d’autres maisons de ce genre. Quelques unes sont envoyées par la police, l’école ou d’autres institutions.
Le foyer fonctionne selon les principes d’un centre social, colorés par une visée fortement éducative. Motungii considère chaque fille comme une personne et met tout en oeuvre pour aider ces jeunes à découvrir leurs propres aptitudes et talents.
Didimdol est un foyer de long séjour : les filles peuvent y rester jusqu’à deux ans. Quand elles le décident, elles signent un contrat qui trace leurs droits et responsabilités. Ce sont elles aussi qui décident si elles veulent partir avant la fin des deux ans. De toute façon, nous espérons que l’expérience du foyer les aidera à « se rappeler qu’elles sont aimées ».
Voici ce que disent de leur ministère les rscj travaillant dans ces deux foyers:
« Qu’est ce qui me donne de la joie ? Les filles trouvent chez nous une seconde famille et une chance pour la vie. »
« Quand je rencontre ces jeunes, je sais que je fais quelque chose ici, maintenant. Je jette une semence, je ne la verrai pas grandir, mais je suis sûre qu’elle grandira quelque part. Sainte Madeleine Sophie ne disait-elle pas : pour l’âme d’une seule enfant…. »
« Avec un tiers des filles, j’échoue : elles repartent à la rue. Pourtant, après, bon nombre m’appellent au téléphone quand elles sont en difficulté. Il faut être là si elles veulent revenir. »
« Les adolescentes ont beaucoup de vitalité et font facilement fausse route. Mais quand elles ont trouvé la direction, elles avancent résolument. »
« Il faut que je sache que je ne peux pas aller au-delà d’un certain point. Dieu jouera son rôle, et les filles aussi ont quelque chose à faire. »
« J’ai senti pendant ma grande retraite que Dieu me demandait d’aller auprès des cœurs brisés ; car moi aussi j’avais le cœur brisé, un cœur qui a été guéri. »
“Il faut toujours se battre avec les filles, mais je pense à Dieu qui est venu pour ceux qui sont blessés… Quand je suis avec elles, je prends conscience de l’Incarnation. Je ne comprends pas tout à fait, mais Dieu est avec nous en ceux qui ont le cœur brisé. Aussi j’essaie de trouver ce que cela signifie. »
« Quand on rencontre ces filles pour la première fois, elles ont le visage sombre et fermé. A mesure qu’elles trouvent leur chemin, elles s’ouvrent. Elles ont besoin de nous, que nous soyons avec elles … C’est pourquoi je suis ici. »
« Quelque fois, je ne sais pas pourquoi vraiment je suis ici, uniquement parce que les jeunes ont besoin de mon aide et je suis là pour les aider. »
« Je me demande tout le temps pourquoi je fais ceci. J’aime les jeunes, c’est un don de Dieu d’être là, je crois que les filles ont beaucoup de possibilités. Je suis sûre que Dieu les connaît mieux que moi, et Il doit faire son travail… »
Ce dessin d’une des filles qui vit dans un des foyers résume son histoire et celle de beaucoup d’autres.
« Quand je suis arrivée, je me sentais petite et mon cœur était dans l’obscurité. Mais j’ai grandi et mon cœur s’et éclairé. Maintenant, je suis grande et mon cœur est rempli d’amour. »
Choi Il Sim rscj, Choi Eun Jung rscj, Kim Jeong Mi rscj
Province de Corée
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