Zoom: L’école internationale du Sacré Cœur Version imprimable Suggérer par mail
02-01-07
0701_focus1
Enfants de l’école maternelle dans leur jardin  
0701_focus2
 
Etudiante israélienne d’école secondaire 
0701_focus3
Etudiante palestinienne d’école secondaire 
0701_focus4
Élèves de l’école moyenne 
0701_focus5
Le bâtiment principal
0701_focus6

Journée de “Un Monde”: Après le Défilé des Nations

L’école internationale du Sacré Cœur a été fondée en 1908 et va bientôt célébrer son centenaire. C’est une école anglophone pour filles avec toutes les classes du primaires et du secondaire, mais les classes maternelles sont mixtes (enfants de 3 à 5 ans). Le but est de répondre aux besoins de la communauté anglophone de Tokyo, où il y a une dizaine d’autres écoles internationales. Nos effectifs actuels sont d’environ 520 élèves, originaires d’une cinquantaine de pays. Une bonne partie provient des ambassades et des grandes entreprises étrangères. Nous acceptons souvent des élèves qui ne savent pas du tout l’anglais. Pour quelques unes, l’anglais est la troisième ou quatrième langue. Une riche diversité culturelle, religieuse et raciale caractérise donc notre communauté scolaire.

Le programme des études est international, s’inspirant en grande partie des systèmes scolaires américain, britannique, canadien et australien. Les professeurs et le personnel sont originaires d’une quinzaine de pays. Le cours sur les valeurs (instruction religieuse) que nous proposons est le fil conducteur qui traverse tout le programme scolaire et para-scolaire. L’école offre aux élèves des grandes classes des cours de « Placement avancé » qui leur permettent d’entrer dans des collèges d’enseignement supérieur et universités de leur choix à travers le monde, en diverses disciplines. Nous avons les mêmes « Buts et Critères » que le Réseau des écoles du Sacré-Cœur aux Etats-Unis.

J’aimerais partager avec vous ce que la classe de terminale 2006 a mis sur les affiches préparées pour la journée annuelle de réflexion. Comme il est naturel dans une école internationale, les élèves arrivent et partent tout au long de l’année, et il est rare qu’elles restent plus de 5 ou 6 ans. Or, cette année, 10 des 30 élèves de cette classe étaient des « vétérans », arrivées au jardin d’enfants.

Ce que nous avons appris à l’école internationale du Sacré Cœur :

  • ne pas avoir peur des différences
  • la joie d’explorer
  • le courage de reconnaître qu’il y a des choses où nous ne réussissons pas, et de choisir ce en quoi nous réussissons.
  • La vie n’est pas toute entière divertissement. Nous devons assumer la responsabilité de notre propre avenir.
  • Poser des questions.


En lisant cela, je me suis rappelée la rencontre de Clare Pratt avec les élèves de cette classe lors de sa visite en octobre 2005. Elle fut très impressionnée par ce qu’elles lui avaient dit. Elle leur avait demandé qu’est-ce qu’elles avaient vécu de bon ici à l’école. Elles répondirent : pas de discrimination raciale, beaucoup de possibilités pour devenir une personne complète et s’ouvrir à la situation du monde. Quelques unes dirent qu’il y avait un certain nombre de choses qu’elles avaient considérées comme allant de soi, et qu’elles ne les retrouveraient sans doute plus lorsqu’elles auraient quitté l’école.

Il y a des moments où nous nous faisons du souci pour les élèves et leurs familles à cause de la situation politique. Parfois les familles sont rappelées dans leur pays du jour au lendemain par leur propre gouvernement. Mais il est beau et touchant de voir que les élèves aiment cette vie à l’école où elles se sentent en sécurité, avec des amies de partout. Un bon nombre change de pays sans arrêt à cause du métier de leurs parents. Nous les appelons souvent les enfants de « tierce culture »,  qui ont fréquemment des problèmes d’identité. Voici un exemple concret qui nous a  beaucoup touchées. C’était le jour de la fête « Un seul monde » que nous célébrons chaque année et que toutes aiment beaucoup. Ce jour-là, chacune vient revêtue de son costume national. L’après-midi, tout le monde se rassemble et de nombreux groupes présentent l’un ou l’autre aspect de leur culture  à travers danses et  chants. Puis il y a un défilé de toutes les nations et des représentantes de chacun des pays viennent sur la scène et saluent les autres dans leur propre langue. Cette année, tout à la fin, deux filles des grandes classes sont montées sur le podium et ont commencé ensemble une prière pour la paix dans le monde. L’une venait d’Israël et l’autre de Palestine.

Voici quelques réflexions d’élèves, de parents et de professeurs : « Toutes ensemble nous constituons la communauté de l’école et nous nous traitons les unes les autres comme des personnes. » «  Nous ne pensons à peu près jamais à la nationalité de la personne avec qui nous travaillons. » Les parents demandent souvent à leurs enfants qui leur disent qu’elles ont  une nouvelle amie : « D’où vient-elle ? » « Quelle est la couleur de ses yeux, de ses cheveux ? » Les enfants répondent : « Maman, je ne sais pas. C’est une fille sympa et c’est une de mes bonnes amies. »

Je crois que ces élèves sauront communiquer ce qu’elles ont reçu chez nous à ceux qu’elles rencontreront quand elles nous auront quittées. Ce sont de telles  personnes qui changent le monde. Elles savent par expérience ce que c’est que de vivre avec des personnes qui viennent d’ailleurs.

Masako Egawa, rscj
Directrice, Ecole internationale du Sacré-Cœur
Tokyo, Japon
Dernière mise à jour : ( 31-12-06 )
 

© RSCJ International | Website by CEDC