Kimberly King rscj, Province des Etats-Unis Version imprimable Suggérer par mail
02-01-07
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Kimberly King rscj

Quand le gens apprennent que je suis une RSCJ qui travaille dans une école du Sacré Cœur, j’entends presque aussitôt : « Magnifique ! Vous enseignez ? » Et je réponds avec assurance : « Oui, bien sûr ! » « Quelle classe ? » Cela dépend du lieu où je me trouve. Pendant quatre ans, j’ai répondu « Du Jardin d’enfants à la classe de Terminale ». En ce moment je dis: « De la sixième à la troisième ». Mes interlocuteurs ont l’air intrigués. J’en déduis qu’ils imaginent que, puisque j’enseigne, cela doit évidemment être dans une salle de classe.

C’est avec un grand sourire et beaucoup d’énergie que je remplis mon quatrième vœu, -  l’éducation en particulier des femmes et des jeunes -  dans le cadre d’une bibliothèque. Comme je n’ai pas de notes à donner, la relation qui s’établit est différente, la conversation et l’enseignement sont plus libres. J’ai la chance de connaître chaque élève par son nom, et je devine ce qu’elle va lire ! Si vous aviez sous les yeux le programme de lecture en bibliothèque pour les classes moyennes au Sacré-Cœur de New York, vous verriez comment chaque élève apprend à faire une recherche : évaluer les sources d’information, procéder à une recherche efficace dans une banque de données au moyen de techniques variées, en citant de manière adéquate les sources imprimées et les sources sur internet, etc. Vous verriez aussi comment elles se forment à l’esprit critique, à l’expression publique de leur opinion, à la logique, à la reconnaissance des divers genres littéraires. Tous ces savoir-faire sont d’une importance vitale pour leurs études futures et pour conserver toute la vie le goût d’apprendre.

Voici donc un aspect merveilleux de ce que je fais, mais il faut le redire : la liberté qui existe dans une bibliothèque favorise le bonheur d’apprendre autrement. Les enfants ne viennent pas seulement sur leurs horaires de classe ; mais ils sont là avant le début des classes, pendant les récréations, après les classes. Je les vois dans les corridors, à l’assemblée du matin, à la salle à manger. Ce genre de contact est unique et riche de possibilités. Je viens d’avoir une discussion avec des enfants sur les raisons de la difficulté à obtenir des informations exactes dans le recensement des villes (sans abri, immigrés), sur le sens de « politiquement correct », sur les nombres négatifs, le rapport entre taux d’alphabétisation et revenu par habitant, et sur comment les mots entrent dans le dictionnaire. A d’autres moments nous avions parlé de la différence entre les images qu’on se représente dans la tête à partir d’un texte et les reproductions d’images qui  nous sont données, et aussi qu’est-ce qu’un « classique ». Mais ce n’est pas toujours en lien avec l’école… Je n’oublierai jamais le groupe d’élèves qui était à la bibliothèque le jour où a été déclarée la deuxième guerre d’Irak. Une élève m’a regardée et m’a dit : « Pourquoi est-ce que cela arrive ? » Ce n’était pas rien de dire aux élèves que les adultes n’ont pas toujours toutes les réponses… Nous sommes restées en silence, nous avons lu les Béatitudes ensemble à voix haute et prié pour tous ceux qui seraient touchés par le chaos qui allait venir…

Les élèves m’apprennent aussi des choses. Tous les jours. Il y a de grands moments où l’on apprend ensemble à être en ce monde tout simplement. La nécessité de respirer et de ne pas paniquer devant le travail à faire ; d’être inclusif, respectueux, bon… Combien il est important de s’arrêter parfois et de se taire, de rire, quel que soit votre âge ; et en toute chose de goûter la gloire extraordinaire d’un Dieu qui est Mystère d’Amour nous entraînant sur le chemin.

J’aime ce que je fais et je remercie le Seigneur d’avoir cette chance de pouvoir faire bouger les choses, d’enseigner et d’apprendre.

Les poèmes de Kimberly King sont disponibles dans espace de la création de mai 2006 , juillet 2005 et janvier 2007 .


Kimberly King rscj
Province des Etats-Unis


Dernière mise à jour : ( 31-12-06 )